mercredi 19 septembre 2012

Faye Mullen

Faye Mullen
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Par la dissection, récurrente, de l’espace architectural, Faye Mullen se sert du corps afin de poursuivre des théories qui concernent l’absence, la perte et les limites. Son travail prend racine dans une pratique de la sculpture et se combine à la performance, à la vidéo, l’image et l’installation. Ses investigations phénoménologiques s’articulent à travers la durée et l’imagerie poétique.

Ancrée dans l’expérience corporelle, j’examine le corps en relation avec l’état d’absence. J’emploie le corps performatif de l’artiste pour révéler la question entourant une disparition potentielle du Soi. En mettant en scène le corps qui se perd dans le paysage, j’espère rendre tangible la fonction phénoménal psychique de la présence et de l’absence. Par la création d’installations de vidéos performatives, d’images, de sculptures, mes œuvres sont des représentations psychosomatiques de la notion de perte, de besoin et de limite.

Comme dans une sorte de linceul, mon travail inscrit le corps dans la perte et dans le deuil en le soustrayant au regard. En utilisant le corps comme outil d’expression, j’interroge le désir de demeurer vivant malgré la dégradation corporelle, la rupture du Soi entre l’être physique et psychique et le brouillage esthétique entre sujet et objet. Mes œuvres vidéographiques s’efforcent à présenter la chair de l’être comme un vestige de ce qui n’a jamais vraiment été.

Ma pratique artistique aspire à explorer ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus.

Par la mise en images de gestes rituels, dans lesquelles la figure tente de se perdre soi-même dans une résistance ontologique au destin de la mort et de l’oubli, je m’approprie l’idée et l’iconographie propre au mémento mori. L’ image de la performance, dans mon processus de création, examine visuellement la relation entre l’artiste et la limite de son corps. Les œuvres qui en ressortent matérialisent cette limite tout en se nourrissant du tissu culturel des archétypes et des symboles. Mon parcours, comme artiste, vise à élucider une connaissance plus subtile de la nature atrophique de mon propre corps de femme.

Faye Mullen est née dans la région de Niagara au Canada. Elle a fait des études à l’école National Supérieure des Beaux-Arts à Paris. Elle est détentrice d’un baccalauréat en arts visuels de OCAD U et d’une maîtrise en études visuelles de l’Université de Toronto. Ses œuvres ont fait partie d’expositions solos et de groupes au Canada, en France, en Corée du Sud, en Australie et aux Etats-Unis. Elle a réalisé des résidences à Wongol (Corée), Toronto (Ontario), Saint-Jean-Port-Joli (Québec) et Buffalo (Etats-Unis). Elle est la fondatrice de minnow & bass, un espace nomade d’artistes. Elle vit à Toronto.

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Faye Mullen
Artist in Residence

Often within a dissection of architectural space, Faye Mullen employs the body to speculate theories concerning absence, loss and limitation. Her work has been informed by her sculptural practice and is often combined with performance, video and installation. Her phenomenological investigations are articulated through durational and poetic imagery.

Rooted in the corporeal experience, my art practice examines the body in relation to states of absence. I employ the performative body to revel in questions surrounding a potential disappearance of the Self. By capturing the scene of the body loosing itself in the landscape, it is my hope to render tangible the function and ontological phenomenon of presence and absence. By the creation of installations in video, performance and sculpture, my work becomes visual articulations of loss, lack and limitation.

As a sort of shroud, my practice envelops the body in loss and grief by shielding it from the gaze. By using the body as expressive tool, material, I interrogate the desire for continuance despite bodily degradation, the rupture of Self between physic and psychic and the esthetic blur between subject and object. My performance-based video installations visually present the flesh of a being as a vestige framed at the threshold of existence.

My art practice aspires to explore what is not and what is no longer.

By framing a ritual gesture in which the figure risks loosing herself to her own resistence against loss, lack, death, I am appropriating the idea and iconography of a momento mori. The works birthed of this imagery, strive to unearth the sensory body and allow it to suspend between existence and disappearance with the use of duration stimulating a critical and emotive response that resides in space and context. The image of performance, in my practice, visually illustrates the relationship of the artist with her bodily limitations. The works materialise the body’s limits that enter the discourse of our cultural fabric composed of archetypes and symbols. My practice aims toward a better, more grounded understanding of the atrophied nature of my own female body.

Mullen grew up bilingually in the Niagara Region, Canada. She studied studio art with an emphasis in sculpture at l’école National Supérieure des Beaux-Arts in Paris, receiving her BFA from OCAD U and her masters in visual art from the University of Toronto. Mullen has exhibited internationally in solo and curated group exhibitions in Canada, France, South Korea, Australia and United States and has participated in international artist residencies in Wongol (South Korea), Toronto (Ontario), Buffalo (United States) and Saint-Jean-Port-Joli (Québec). She is the founder of minnow & bass Gallery, a nomadic artist-run space currently dormant. Currently, Faye situates her practice in Toronto.

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