mardi 16 décembre 2008

Chih-Chien Wang


Chih-Chien Wang
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Jelly Project #2

Avec Jelly Project, je développe un support de documentation fictif fait de gelée. J’utiliserai cette substance afin d’approfondir la connaissance subjective de mon entourage.

Hypothèse du Jelly Project - redéfinir la gelée
Au cours de son processus de coagulation, la gelée retient la spécificité de l’instant et de l’espace, de l’univers qui l’entoure. Elle enregistre également les informations qui meublent le lieu, telle que la lumière réfléchie, le son, les parfums et même les émotions ambiantes. La gelée devient donc, en soi, une "super-documentation" qui capte des données dans une forme que personne n’est en mesure de décoder.

Un corps-machine
J’utilise la gelée pour archiver l’espace, le temps et les données invisibles. Simultanément, j’utilise également mon corps pour réagir à l’environnement immédiat. Mon corps est une autre machine qui traite les réactions. Ainsi, alors que la gelée se fige, j’écris, je photographie ou je filme la scène. Sans chercher à rivaliser avec la faculté mémorielle de la gelée, je note tout ce qui me traverse l’esprit : la couleur du mur, la lumière, la fenêtre, la conversation avec des amis, l’expérience, l’odeur. Je documente ce qui se déroule devant mes yeux.

Un corps collectif
En somme, Jelly Project se situe au point de rencontre entre le médium fictif, la photographie et la vidéo. J’incarne cet intermédiaire qui permet la connexion entre les amis, les appartements, les langues, la nourriture, le temps, l’espace et le dispositif lui-même. Ces éléments réunis constituent un corps collectif et éphémère qui rend compte de l’espace environnant.

Biographie
Né à Taiwan, Chih-Chien Wang vit et travaille à Montréal depuis 2002. Après l’obtention d’un baccalauréat en cinéma et en théâtre à Taipei en 1994, il a produit des documentaires pour diverses compagnies télévisuelles puis s'est établi au Canada où il a complété une maîtrise en photographie à l'Université Concordia en 2005. Comportant souvent des traces subtiles qui peuvent référer à des préoccupations personnelles, culturelles ou sociales, le travail de Wang négocie principalement avec le quotidien de l’artiste. Il manipule des objets de tous les jours, incluant des aliments, pour ensuite créer avec ceux-ci des images statiques ou animées. Ses œuvres ont été présentées dans des expositions personnelles et collectives entre autres à Optica, Artefact, Dare-Dare (Mois de la Photo à Montréal 2007), galerie Leonard et Bina Ellen, galerie Zenith (Beijing, 2008), Pierre-François Ouellette art contemporain (Montréal, 2008) et à la Triennale québécoise au Musée d’art contemporain de Montréal (2008).

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Chih-Chien Wang / Jelly Project #2

In Jelly Project, I am developing a fictional documentation carrier, jelly, and I will use jelly to pursue the subjective cognition of my surroundings.

Hypothesis of the Jelly Project - Redefining Jelly:
During the process of congealing, the jelly preserves the specific time and space, the universe which surrounds it. The jelly also records information existing in the space such as the reflected light, the sound, the scent and even the emotion which vibrates nearby. Therefore, the jelly itself becomes a super documentation; it records data in a form which people are not able to decode.

Body as a Machine
I use jelly to record the space, the time and the unseen data, and, simultaneously, I use my body to respond to the surroundings as well. My body is another machine which processes reaction; so, while the jelly is congealing, I write, I take pictures, or I video tape the scene. Not in competition with the jelly’s recording capacity, I write down anything in my mind: the colour of the wall, the light, the window, the conversation with friends, the trip, or the smell, and I document what is happening in front of my eyes.

A Collective Body
To summarize, the Jelly Project is where the fictional media meets photography and video. I am the medium connecting them: the friends, the apartments, the languages, the food, the time, the space and the media itself. All of these form a collective but temporary body to recognize the surroundings.

Bio:
Born in Taiwan, Chih-Chien Wang has been living in Montreal since 2002. He obtained a BFA in Theatre and Cinema in Taipei in 1994, and worked for several television companies producing documentaries before moving to Canada. He obtained an MFA in Studio Arts at Concordia University in 2005. Wang’s works frequently contain subtle traces which might refer to personal, cultural or social concerns while dealing primarily with his everyday experience. He manipulates quotidian objects, including foods, and then creates still or moving images of them. Wang’s recent solo and group exhibitions include at Optica, Artefact, Dare-Dare (Mois de la photo à Montréal 2007), Leonard and Bina Ellen Gallery, Zenith Gallery (Beijing, 2008), Pierre-François Ouellette Art Contemporain (Montreal, 2008) and the Quebec Triennial 2008 at the Musée d’art contemporain de Montréal.

lundi 8 décembre 2008

Marc Audette


Marc Audette
Artiste en résidence * Artist in Residence

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L’image est intimement liée aux grands traits de l’activité humaine tout comme la religion, la nationalité, l’appartenance et l’art. Et, l’image tout comme le langage n’est pas un véhicule neutre. Or, établir les normes esthétiques de l’image numérique c’est établir la forme du langage visuel à employer pour représenter des concepts, des idées, des réalité, qu’ils se traduisent sur écran cathodique, papier imprimé, photographie ou encore sur canevas. C’est ce lien subtil, mais ô! combien important, entre outil et œuvre, qui anime ma démarche.

Je m'intéresse au mode de fabrication de l'image numérique depuis le milieu des années 80. Et dans un monde où innovation technologique est synonyme d'investissement corporatif, je pose notamment la question suivante : que sont les critères d'appréciations qui déterminent ces innovations? Pour se faire, j’examine les traces de l’évolution d'idéal de beauté de l'image numérique, et aux effets qu'elle produit sur la culture de l'esprit. Cela explique les croisements constants entre l'image analogue et l'image numérique, entre l'image fixe et l'image en mouvement qui sont des traits significatifs dans la production de mes œuvres.

Marc Audette est titulaire d'une maîtrise en arts visuels de l'Université York de Toronto où il réside présentement. Il a présenté son travail dans le cadre d'expositions collectives et individuelles en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. On retrouve ses œuvres dans les collections publiques et privées en Europe et au Canada.

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The image is intimately connected to the broad strokes of human activity, just as are religion, nationality, belonging, and art. And the image, like language, is not a neutral vehicle. Establishing aesthetic standards for the digital image means establishing the form of the visual language to be used to portray concepts, ideas, realities - whether they are conveyed on computer screen, paper, photographs, or canvas. It is this subtle - but oh, how important! - connection between tool and artwork that drives my approach.

I am interested in how the digital image has been manufactured since the mid-1980s. And in a world in which technological innovation is synonymous with corporate investment, I ask the following question: what are the criteria for evaluating these innovations? To find a response, I examine the traces of the evolution of the ideal of beauty in the digital image, and the effects that it has on the culture of the mind. This explains the constant intersections between analog image and digital image, between fixed image and image in movement, which are the meaningful features in the production of my works.

Marc Audette holds a Master's degree in visual arts from York University, in Toronto,where he also lives. His work has been in various group and solo shows in Europe, Canada and the USA. His pieces are also found in public and private collections in Europe and Canada.

lundi 1 décembre 2008

Richard Ferron

Richard Ferron
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Richard Ferron / Singulier-Pluriel

J’explore la photographie sans l’utilisation de l’appareil photo. Je construis des négatifs. Mon procédé est l’empreinte et mon matériau la suie. J’applique celle-ci sur la peau et je prends l’empreinte d’un fragment corporel à l’aide d’une pellicule adhésive transparente. Cette pellicule, appliquée sur un plexiglas, tient lieu de négatif photo. Je procède ensuite à la numérisation de ce négatif, associant ainsi à l’ordinateur, la fonction de chambre noire. Je cherche d’une certaine façon à établir un métissage entre des pratiques ancestrales et contemporaines. Je vise à se faire entrecroiser le langage du corps et de la technologie. La luminosité du sujet sur l’image, de par la construction du négatif, n’existe pas dans le réel puisqu’il n’y a pas d’éclairage naturel ou artificiel. Par cet acte de prise de vue "tactile" le photographique se retourne sur lui-même. Ce n’est pas l’oeil qui cadre à travers un viseur. C’est la main qui capte à travers un toucher. L’acte de prise d’empreinte, de par son contact direct avec le référent, abolit l’espace existant entre la caméra et le sujet. Après avoir utilisé mon propre corps comme terrain d’explorations, j’investi maintenant celui de ma collectivité en tant que corps social. Multipliant les rencontres au fil du temps, telle une quête du "je" à travers le "nous", j’ai cumulé plus de 500 empreintes auprès de mes concitoyens. Face à cette ère des nouvelles technologies, je trouve impératif de retrouver, à l’intérieur de ma pratique, un contact direct avec le vivant.

Richard Ferron vit et travaille à Baie-Comeau. Graphiste de formation, il a obtenu un baccalauréat en arts plastiques en 2003 ainsi qu’une maîtrise en arts visuels de l’université Laval en 2005. Il a depuis, à son actif, plusieurs expositions solos et collectives (Musée régional de la Côte-Nord, Espace F, VU, Nord/Sud, événement satellite de la Manif d’Art 4 de Québec).

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Richard Ferron / Singular-Plural

I explore photography without using a camera. I build négatives The basic process of my research is the imprint and my matériel is the soot. The singular aspect of my process consists in coating body parts with soot. Then, by applying a transparent adhesive film to the skin, I take the print of a body fragment. This film, applied to a piece of Plexiglas, is used as the photographic negative. I then digitize this negative, thus using the computer as a darkroom. I am looking for a certain way to establish an interweaving of old and contemporary practices. I want to crossbreed the languages of the body and technology. The luminosity of the subject in the image, created through the construction of the negative, does not exist in reality since there is no natural or artificial lighting. Through this act of "tactile" photograph making, photography is turned on itself. It isn’t the eye that frames through a viewfinder but the hand catching through a touch. The act of taking the imprint through direct contact with the referent erases the space between the camera and the subject. After using my own body as the terrain for exploration, I have now invested my community as a social body. Multiplying encounters over time, in a journey from the "I" to the "we," I have accumulated more than 500 imprints from fellow citizens. In this era of new technologies, I find it essential, within my practice, to return to direct contact with the living.

Richard Ferron lives and works in Baie-Comeau. A graphic artist by training, he obtained a bachelor's degree in visual arts in 2003 and a master's degree in visual arts from Université Laval in 2005. Since then, he has had a number of solo and group exhibitions (Musée régional de la Côte-Nord, Espace F, VU, Nord/Sud, Manif d’Art 4 de Québec satellite event).