lundi 29 août 2016

Caroline Cloutier et Martin Désilets



Caroline Cloutier et Martin Désilets
Artistes en résidence / Artists in Residence

(English follows)

Les compositions répétitives et minimalistes m’éveillent sur d’infimes variations, sur la richesse des silences. Cela apaise et ouvre l’esprit, telle une sorte de méditation. - C.C.

[...] les infimes variations et la richesse des silences, voilà peut-être ce qui manque le plus. Si tout est bruyant et spectaculaire, si tout est image ou commentaire... peut-être que c’en est assez. - M.D.*

De retour d’une résidence au Parc national du Gros Morne à Terre-Neuve (avec The Rooms, St-John’s, T.-N.), Caroline Cloutier et Martin Désilets poursuivront au Centre SAGAMIE les recherches réalisées individuellement sur ce territoire. Cette deuxième résidence partagée sera l’occasion d’échanger davantage autour de problématiques communes, liés au phénomène de la lumière et ses multiples variations, à la matérialité de l’image imprimée... et milles autres choses ténues.

Caroline Cloutier s’intéresse à la fonction réfléchissante inhérente aux images spéculaires et photographiques, ainsi qu’à leur pouvoir d’évocation d’espaces virtuels. Durant son passage au Parc du Gros Morne, elle a étudié différents motifs naturels qui réfléchissent ou diffusent la lumière: l’eau, la neige et tout particulièrement le brouillard. Cette résidence au Centre SAGAMIE lui permettra d’examiner de quelle manière ces matières photographiques influenceront ses recherches à venir. Elle profitera aussi de son passage au centre pour produire sa première exposition à l’étranger, une installation photographique présentée cet automne au Kunstsammlung des Landes OÖ à Linz (AUT).

La pratique récente de Martin Désilets s’appuie sur un approfondissement des fondamentaux de la photographie et une exploration de ses mésusages. En résidence dans le Parc du Gros Morne, il a travaillé à partir de la lumière du lieu et des couleurs du territoire, cherchant à en isoler certains faits abstraits. À l’aide d’un dispositif qui autorise des mouvements de l’appareil photo et de surfaces dont la matérialité et l’opacité varient, il a réalisé d’innombrables prises de vue. Ce matériau, exempt de représentation, sera le point d’appui de nouvelles recherches en résidence au Centre SAGAMIE.

 * Extrait d’une correspondance par courriel datant du 10 mai 2015. Bien que ces mots concernent la musique, ils témoignent néanmoins d’un parti-pris esthétique et d’intérêts que partagent les deux artistes.

http://www.carolinecloutier.net/

https://martindesilets.com/


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Caroline Cloutier et Martin Désilets
Artists in Residence


The repetitive and minimalist compositions awaken me to infinitesimal variations, to the richness of silences. This calms and opens the mind, much like meditation. – C.C.

[. . .] infinitesimal variations and the richness of silences, that may be what we most lack. If everything is noise and spectacle, all image and comment, perhaps we have had enough. – M.D.*

Back from a residency at Gros Morne National Park in Newfoundland (with The Rooms, St-John’s, NL), Caroline Cloutier and Martin Désilets will use their residency at Centre SAGAMIE to continue the research they undertook individually on this territory. This second shared residency will be an opportunity to continue exploring joint problematics related to the phenomenon of light and its multiple variations, to the materiality of the printed image... and a thousand other subtle things.

Caroline Cloutier is interested in the reflective function that inheres in specular and photographic images, and in their ability to evoke virtual spaces. During her stay in Gros Morne Park, she studied various natural motifs that reflect light: water, snow and more particularly, fog. This residency at Centre SAGAMIE will allow her to analyse how these photographic materials will influence her future research. She will also take advantage of her stay at the centre to produce her first exhibition abroad, a photography exhibition to be shown this fall at Kunstsammlung des Landes OÖ in Linz (Austria).

Martin Désilets’ recent practice is guided by an extensive examination of photography’s fundamentals, and an exploration of its misuse(s). In residency at the Gros Morne National Park, he worked with the light and colours of the land, as he sought to isolate certain abstract manifestations. Thanks to a device facilitating camera movement and to surfaces with a variable opacity, he created innumerable shots. This material, entirely exempt of representation, is the pivot of the new research will carry out during my residency at Centre SAGAMIE.

 * Excerpt from an email exchange from May 10, 2015. Though these words referred to music, they also speak to the artists’ shared aesthetic stance and interests.

http://www.carolinecloutier.net/

https://martindesilets.com/

lundi 22 août 2016

Katherine Melançon



Katherine Melançon
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Ma pratique s’intéresse au processus, à l’utilisation de matériaux non traditionnels et au partage/à l’abandon du contrôle. Dans une boucle constante entre expérimentation et résultats, je cherche à remettre en question les limites d’un matériau et à explorer son parcours jusqu’à sa dématérialisation ou sa rematérialisation. Pour aller à la rencontre de ces limites, j’aime renoncer au contrôle et le partager, notamment, avec les machines et les algorithmes, la nature, sa météo ou des principes chimiques. Récemment, j’ai exploré le contexte comme contrainte et les principes liés à la philosophie japonaise du wabisabi : l’impermanence, l’imperfection et l’incomplet. La résidence au Centre SAGAMIE me permettra d’explorer de nouvelles avenues en prévision d’une exposition individuelle à Montréal en 2017.

Katherine a obtenu une maîtrise en beaux-arts à la Central Saint Martins University of the Arts (Royaume-Uni) et un baccalauréat en communications – médias interactifs de l’UQAM. Elle a exposé au Canada et aux États-Unis ainsi qu’en Europe, notamment en France, en Italie et au Royaume-Uni. Elle a été sélectionnée pour prendre part à Plat(t)form 11 au Fotomuseum de Winthertur en Suisse et a pris part à l’exposition « Analogue/Digital 100 years of printmaking » à la galerie Lethaby de Londres et à Québec Show Off à l’Espace Pierre Cardin à Paris.

image: Seven Sisters National Park Series - Fauna 2013

https://katherinemelancon.com/


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Katherine Melançon
Artist in Residence

I am interested in processes, in the use of nontraditional materials and in the act of giving up control. Through a constant loop between experimentation and results, my work questions the boundaries of a material and explore the path to its own dematerialisation or rematerialisation. To confront these boundaries, I hand over control during the process to machines and algorithms, nature, weather and chemical principles, among others. Recently, I have been exploring context as a constraint along with principles from wabisabi, a Japanese philosophy that entails impermanence, imperfection and incompleteness. At Sagamie Center, I intend to explore new ways of showing my still lifes for a solo show in Montreal in 2017.

Katherine obtained her Masters in Fine Arts from Central Saint Martins University of the Arts (UK) and her BA in Communications studies/Interactive Medias from UQAM. Her works have been exhibited in Canada, the US and various countries in Europe, including in France, Italy and the UK. She was selected to take part in Plat(t)form11 at the Winthertur Fotomuseum in Switzerland and has exhibited in “Analogue/Digital 100 years of printmaking” at London’s Lethaby Gallery and in Québec Show Off at Espace Pierre Cardin in Paris.

https://katherinemelancon.com/

lundi 15 août 2016

Janie Julien-Fort



Janie Julien-Fort
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Originaire de Rouyn-Noranda, Janie Julien-Fort est présentement établie à Montréal. Au terme de ses études en photographie, elle obtient un baccalauréat en éducation et une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. En 2011, elle réalise également un stage de production au studio national des arts contemporains Le Fresnoy, en France. Récipiendaire du prix de fondation Sylvie et Simon Blais pour la relève, de la bourse Charest-Wallot, de la bourse FARE et de bourses de recherche du CALQ et du FQRSC, elle a participé à plusieurs expositions et événements au Canada et à l’étranger notamment au Palais de Tokyo à Paris et au KW Institute for Contemporary Art à Berlin dans le cadre de la ARTE Video Night, au musée des Beaux arts d’Angers, à la galerie Simon Blais, la Parisian Laundry, DARE-DARE, Verticale, au centre d’exposition de Val d’or, et à l’Écart, lieu d’art actuel. Elle a été membre du conseil d’administration du centre d’artistes le Cabinet, espace de production photographique. Elle donne également des formations sur les procédés photographiques traditionnels et alternatifs auprès des jeunes et moins jeunes.

Je m’intéresse aux spécificités propres à la matière photosensible dans un contexte dominé par les procédés numériques. J’explore la photographie et la manipulation des images en chambre noire sous de multiples facettes telles que le photogramme, le sténopé et les chimigrammes. Les traces, le temps, la mémoire, l’effacement et la disparition sont au cœur de mes préoccupations artistiques.

L’attitude d’ouverture à l’instabilité du médium que j’entretiens dans ma démarche me permet de travailler avec les imprévus qui surviennent et d’en tirer profit dans l’œuvre.  Je m’approprie les accidents photographiques pour leur potentiel expressif permettant de révéler la signification des images, leur réalité d’empreintes indicielles et illusoires à la fois. Ces traces contribuent à nous rappeler la précarité de notre existence. Elles renvoient au deuil, aux repères qui s’effritent, à la dégénérescence, à la fragilité de l’être et plus simplement au passage du temps.  

J’accorde une grande importance à la spatialisation de mon travail. Je cherche dans ma banque de photographies des résonnances particulières pour créer des espaces imaginaires dans lesquels passé, présent et futur semblent se confondre. Les images que j’accumule au fil des années sont parfois rassemblées dans des configurations évoquant une constellation, diffusées sur l’internet sous forme de carte interactive ou se présentent de façon traditionnelle. Je souhaite consacrer ma résidence au centre Sagamie à un projet inédit de photographies panoramiques réalisées lors de mes voyages à l’aide d’un appareil photo de carton déposé à même le sol sur lequel je travaille depuis 8 ans.

http://janiejfort.com/


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Janie Julien-Fort
Artist in Residence


Originally from Rouyn-Noranda, Janie Julien-Fort is currently based in Montreal. Following studies in photography, she obtained a Bachelor of Education and a Master of Visual and Media Arts from UQAM. In 2011, she completed an internship at the Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains in France. Julien-Fort is also a recipient of the Fondation Sylvie et Simon Blais Award for Emerging Visual Artists (2012), the Charest-Wallot merit scholarship, the Excellence Fellowship from UQAM’s Fonds à l’Accessibilité et à la Réussite des Études (FARE) and research grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec and the Fonds de recherche Société et culture. She has participated in several exhibitions and events throughout Canada and abroad, notably at the Palais de Tokyo, Paris; the KW Institute for Contemporary Art, Berlin within the framework of the ARTE Video Night; the Galerie Simon Blais; the Parisian Laundry; the Centre d’exposition de Val-d’Or; and at l’Écart—a contemporary art space. She was a member of the Board of Directors of the artist centre Le Cabinet, espace de production photographique. She also teaches traditional and alternative photography techniques to young and old alike.

I am interested in the specificities of photosensitive material within a context dominated by digital processes. I explore photography and darkroom image processing in various forms such as photograms, pinhole cameras and chemigrams. Traces, time, memory, erasure and disappearance are central to my artistic practice.

In my approach I draw on the medium’s instability in order to welcome unexpected occurrences and make use them in my work. I appropriate photographic accidents and their expressive potential, which make it possible to reveal the meaning of the images in their at once indexical and illusionary manifestations. These traces are reminders of the precariousness of our existence.  They evoke mourning, vanishing points of reference, deterioration, the fragility of life or, simply, the passage of time.

The spatial aspect of my work is very important to me. I search through my database of photographs to find particular resonances to create imaginary spaces in which past, present and future seem to converge. The images I accumulate over the years are sometimes brought together in configurations evoking a constellation that is disseminated online as an interactive map or shown in a traditional manner. I wish to dedicate my residency at Sagamie to a new project of panoramic photographs created during my trips in which I use a cardboard camera—placed directly on the ground—that I have been working on for 8 years.

http://janiejfort.com/