mercredi 28 novembre 2012

Joseph Branco

Joseph Branco
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Mon projet pour cette résidence s’inspire en grande partie d’une nouvelle de J.R.R. Tolkien, " Feuille, de Niggle ", qui relate l’histoire d’un peintre (belle coïncidence) qui est plus préoccupé par la représentation des feuilles des arbres que de la forêt mais qui, par la suite d’un étrange voyage, arrive et pénètre dans un lieu qui ressemble fabuleusement au grand tableau qu’il avait entrepris sans l’avoir achevé. Cette nouvelle exploite de façon merveilleuse cette tension réciproque qui existe entre le réel et l’imaginaire, le concret et le virtuel. Comme ce peintre fictif, je m’attarde davantage aux motifs de feuilles, car leurs reproductions permettent justement de créer, par leur proximité avec leurs référents, des ambiguïtés visuelles qui sont à même de rentre compte de cette compétitivité métonymique mise en jeu par cette histoire. Comme le peintre Niggle, j’aimerais développer à travers ces feuilles tout un univers de sensualité, de sensibilité et de rêverie. C’est à travers cette tension réciproque qu’il sera possible de reconnaître, dans une sorte de dialectique ouverte, comment cette nouvelle présence des images modifie nos relations au monde sensible et à celui de notre imaginaire.

Né à Québec en 1959, mais vivant à Montréal depuis les années quatre-vingt, Joseph Branco expose régulièrement depuis 1984 lors d’expositions individuelles et collectives dans des centres d’artistes, des galeries privées, des espaces publics et des musées. Ses œuvres font partie de collections privées ainsi que de collections publiques dont celles du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée régional de Rimouski.

https://sites.google.com/site/josephbrancoartiste/Home

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Joseph Branco
Artist in Residence


My artist residency project is inspired for the most part by J.R.R Tolkien’s short story “Leaf by Niggle”, the story of a painter (fortunate coincidence) more concerned with the intricate reproduction of the leaves on the trees than of the forest itself and who, in the course of an unusual journey, arrives in a place uncannily similar to a large painting he had once begun and never completed. The story artfully explores the reciprocal tension at play between reality and imagination, the material and the virtual. Like this fictitious painter I, too, focus my attention on the patterns of the leaves because the visual ambiguities created in their reproduction reveal the metonymical friction at the heart of this story. Like Niggle the painter, I would like to enter a universe of sensuality, sensitivity and reverie through the leaves. This reciprocal tension, a sort of open-ended dialectic, reveals how the fresh configuration of an image can modify our relations with the material world and our imagination.

Born in Quebec City but a resident of Montreal since the 80s, Joseph Branco’s work has been featured regularly in solo and group exhibitions in artists’ centers, private galleries, public spaces and museums. His work is also included in private and public collections, including those of the Montreal Museum of Contemporary Art, the Musée National des Beaux-Arts du Québec and the Musée Régional de Rimouski.

https://sites.google.com/site/josephbrancoartiste/Home

jeudi 22 novembre 2012

Mériol Lehmann

Mériol Lehmann  
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Ma démarche artistique a toujours été peuplée de thèmes liés au territoire et à la mémoire. Ma condition d’immigré y est certainement pour beaucoup, ces thèmes provenant de réalités si marquantes qu’ils deviennent inévitables. Cette fascination qu’a l’impact du territoire sur les êtres humains m’a amené à retourner la question : quel impact avons-nous comme individus et comme sociétés sur le territoire? Nos modes de vie modifient non seulement notre environnement proche, mais également une grande partie de la planète. Cette interdépendance amène une boucle, un cycle : nous marquons le territoire et il nous marque à son tour. Quel poids a sur nos vies ces paysages altérés par l’homme? Et quel est le poids de nos mémoires, individuelles et collectives, sur nos perceptions territoriales? Chaque individu porte en lui ses propres références et c’est cette mémoire, aussi intime que collective, que je cherche à atteindre.

Né en Suisse mais, vivant au Québec depuis de nombreuses années, Mériol Lehmann est un artiste œuvrant dans les domaines des nouveaux médias, de l'audio et de la photographie. Son travail, tant en performance qu’en installation a été présenté au Québec (Mois Multi, Festival de cinéma des Trois Amériques, L'Oeil de Poisson, FIMAV) ainsi qu’en Europe (Gent, Bruxelles, Namur, Paris). Il a aussi collaboré avec une multitude d’artistes en nouveaux médias reconnus et réalisé la conception sonore d’œuvres théâtrales et chorégraphiques.

http://mlehmann.ca/

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Mériol Lehmann
Artist in Residence


My artistic statement has always been about themes related to memory and territory. All of this is probably familiar stuff to any expatriate, and those realities are so strong, I can't avoid them. My fascination over the territory's impact on human beings brought me to turn the question over: as individuals and society, how's our print over landscapes? Our lifestyles modify our own landscape but a great part of the planet as well. This interdependency brings a cycle, a loop : We put our print over territory and thereafter, the territory puts its own print on us. What weight on our lives those man-altered landscapes have? And how both our individual and collective memories affect the way we perceive the landscape? Everyone got inside himself its own references. It is this memory, as much intimate than collective, that I'm trying to reach.

Born in Switzerland but living in Quebec for many years, Meriol Lehmann is an artist working with new media, audio and photography. Whether performances or installations, his works have been presented in Quebec (Mois Multi, Festival de cinéma des Trois Amériques, Oeil de Poisson, FIMAV) and in Europe (Gent, Bruxelles, Namur, Paris). He also collaborated on a large number of artworks with many renown new media artists and did sound design for theater and choreographic works.

http://mlehmann.ca/

mercredi 14 novembre 2012

Edwin Janzen

Edwin Janzen
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Dans mon travail, j’explore l’interaction entre les médiums et la technologie, de même que les systèmes de pensée et la politique. Je m’intéresse tout particulièrement à l’impact de la guerre froide sur la société et l’individu, surtout à la manière dont une adhésion insuffisamment critique de la technologie a donné lieu à une constellation de fantasmes personnels et publics irréalisables, insolubles et pourtant tenaces en ce qui a trait à la politique, à l’économie et à la culture populaire.

Je travaille présentement avec des scanneurs qui donnent aux objets qui sont en contact avec la surface de verre, une netteté incroyable, alors que les objets qui s’en détachent d’à peine quelques millimètres, deviennent flous et reflètent la lumière comme des nébuleuses éloignées. En utilisant le scanneur pour examiner des artefacts usuels (cuillères souvenirs, gourganes, Tic Tac, etc.), je réalise des images numériques qui questionnent la condition humaine qui est toujours en situation de jeu, mais jamais de savoir.

Né à Winnipeg et établi à Montréal, l’artiste Edwin Janzen a recours à différents médiums dans son travail, entre autres la vidéo, l’installation, la sérigraphie et le traitement numérique de l’image. En juillet dernier, sa performance-installation intitulée Conspiracy Case a été présentée en première à la Station House Gallery, à Williams Lake en Colombie-Britannique. En résidence pendant un mois dans cette galerie qui lui servait de quartier général, Janzen a mené une enquête suggérant des soi-disant activités criminelles chez les écureuils et les marmottes du lieu. Janzen détient une maîtrise en beaux-arts de l’Université d’Ottawa (2010) et un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2008). Il détient également un baccalauréat en histoire (empire byzantin) de l’Université du Manitoba (1994). Il est l’un des éditeurs fondateurs de la revue Les Fleurs du Mal et il est membre du conseil d’administration d’Articule, un centre d’artistes autogéré montréalais.

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 Edwin Janzen
Artist in Residence


My work explores the interplay between media and technology, on the one hand, and systems of thought and politics, on the other. A particular interest is the impact of the Cold War on society and the self, especially how an insufficiently critical embrace of technology helped spawn a constellation of unfulfillable, unresolvable, yet enduring personal and public fantasies in regard to politics, economics and popular culture. Thus, my works often contain or embody metaphors for the human psyche in self-imposed conditions of confinement or delusion.

I am currently working with scanners, which render near objects with impossible clarity while objects even a few millimetres distant are blurred and flared like distant nebulae. Using the scanner to examine common artifacts (souvenir spoons, fava beans, Tic Tacs, etc.), I create digital photographic reflections on the human situation: always acting, never knowing.

Winnipeg-born, Montreal-based visual artist Edwin Janzen works in diverse media, including video, installation, screenprint, digital imaging and more. This past July, his performance/installation Conspiracy Case opened at the Station House Gallery in Williams Lake, B.C. There, Janzen spent a month in residence, using the gallery as his headquarters to conduct a law-enforcement-style investigation into presumed criminal activities by the local ground squirrels and marmots. Janzen completed his M.F.A. at the University of Ottawa (2010) and his B.F.A. at Concordia University (2008). He also holds a B.A. in History (Byzantine Empire) from the University of Manitoba (1994). Edwin is a founding publisher of Les Fleurs du Mal magazine and serves on the board of directors of articule, the Montreal artist-run centre.

lundi 5 novembre 2012

Maria Chronopoulos

Maria Chronopoulos
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Ma pratique artistique est multidisciplinaire et inclut le dessin, la photographie, la vidéo, l’installation, la sculpture et les arts d’impression. Je suis particulièrement interpelée par les arts imprimés en tant que processus ainsi que la façon dont ils s’intègrent à l’art contemporain. Dans mes œuvres, j’explore des notions telles que la perte, la mortalité, l’amour, le désir et la mélancolie.

Dans le cadre de ma résidence au Centre SAGAMIE, je travaillerai sur une extension du projet Love Lost, présenté en 2010 à La Centrale (en partie) ainsi qu’à Caravansérail. Love Lost est une série de textes dessinés qui suggèrent une histoire mais où aucune phrase ni paragraphe ne sont formés. Le spectateur est invité à imaginer une trame narrative, un personnage en deuil de l’être aimé ou dans un état amoureux. Les dessins furent créés en frottant avec du graphite sur du papier glassine (papier semi-transparent ayant un aspect cireux et craquelé) les détails de broderie ornant des mouchoirs de tissu. J’ai utilisé ce papier pour faire ressortir la nature délicate, éphémère et fragile du sujet abordé. La série comprend: la fin, love lost, love is madness, love is bondage et never after. Je suis intéressé à explorer les frontières entre le privé et le public. Ainsi, j’ai imprimé plusieurs affiches reproduisant les textes de la série Love Lost que j’installe présentement dans des lieux publics montréalais. La documentation servira à la production d’une série d’images numériques.

Maria Chronopoulos vit et travaille à Montréal. Ses expositions les plus récentes et les plus significatives incluent Forget Me Not (La Centrale, Montréal), Secousses (Caravansérail, Rimouski), Ces artistes qui impriment: un regard sur l’estampe au Québec depuis 1940 (Bibliothèque Nationale du Québec), La disparition (Centre de diffusion Presse Papier, Trois-Rivières), Fibreworks 2010 (Cambridge Galleries, Cambridge) et In Abstentia (Artist Proof Gallery, Calgary). Elle a participé à nombreuses résidences au Canada, en Belgique, en Finlande ainsi qu’en Irlande du Nord.

L’artiste souhaite remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec.

http://www.mariachronopoulos.com

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 Maria Chronopoulos
Artist in Residence



My practice is multidisciplinary and includes drawing, photography, video, installation, sculpture and print media. I am particularly drawn to print as a process and how it integrates within contemporary art. My artwork investigates ideas of loss, mortality, love, longing and melancholy.

During my residency at Centre SAGAMIE, I will be working on a new project that is an extension of Love Lost, presented in 2010 at La Centrale (in part) as well as at Caravansérail. Love Lost is a series of text-based drawings that suggest a story but where no sentences or paragraphs are formed. The viewer begins to imagine a narrative, that of a character mourning the loss of a loved one, or in the mood for love. The drawings were created by rubbing with graphite the embroidery details from handkerchiefs onto glassine, a waxy and crinkly paper. I used Glassine to emphasize the delicate, impermanent and fragile subject being addressed. The series includes: la fin, love lost, love is madness, love is bondage and never after. I am interested in further exploring the notion between private and public. As such, I have printed numerous posters that reproduce the text in the Love Lost series that I am currently installing in public spaces in Montreal. The documentation will be used to create a series of digital images.

Maria Chronopoulos lives and works in Montreal. Recent significant exhibitions include La disparition (Centre de diffusion Presse Papier), Ces artistes qui impriment: un regard sur l’estampe au Québec depuis 1940 (Bibliothèque Nationale du Québec), Secousses (Caravansérail) and Fibreworks 2010 (Cambridge Galleries). She has also participated in numerous artist residencies in Canada, Belgium, Finland and Northern Ireland.

The artist wishes to thank the Conseil des arts et des lettres du Québec.

http://www.mariachronopoulos.com