lundi 24 septembre 2012

Caroline Gagnon

Caroline Gagnon
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

À travers ma pratique, je cherche à voir comment l’image se construit, tant à travers un procédé qu’à travers le regard que l’on y projette. Mon travail est ancré dans l’observation de la matière. J’utilise principalement le lavis d’encre, pour son imprévisibilité et pour la diversité des formes qu’il produit, qui rappellent à la fois des mondes microscopiques ou de fascinantes vues aériennes. Je m’intéresse à la complexité qui émerge de ces fractales d’encre, de la puissance évocatrice que rend possible leur dualité visuelle.

Mais au-delà de la simple observation du processus imageant, je cherche à voir ce que je peux provoquer, évoquer, figurer. Quels espaces et mondes suis-je en mesure de faire naître?

Dans le cadre de ma résidence au Centre SAGAMIE, j'exploiterai le potentiel évocateur de mes images, en accentuant leur aspect cartographique ou organique. La trace d’encre originale, une fois numérisée, modifiée et imprimée en grand format, devient un espace autre. Le changement d’échelle permet au regard de plonger dans ces lieux à la fois familiers et étrangers, donc la nature exacte reste difficile à déterminer.

Caroline Gagnon vit et travaille à Montréal où elle a obtenu sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l'UQAM en 2011. Son travail a été présenté dans plusieurs galeries et centres culturels à travers le Canada. Issue des arts d'impression, sa pratique emprunte maintenant une forme multidisciplinaire où sont mises en relation images imprimées, projections vidéo et installations.

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Caroline Gagnon
Artist in Residence


My work is an enquiry into the manner in which images are constructed through both the technical process and the perspectives we choose. It is based firmly upon the observation of matter. I make use primarily of an ink wash technique, for both the unpredictability of its effect and the variety of forms it creates, reminiscent equally of microscopic worlds and fascinating aerial vistas. I am interested in the complexity which emerges from these ink fractals and from the evocative power produced by their visual duality.

But beyond the simple observation of the process of image creation, I am looking to see what I can provoke, evoke and represent. What spaces and worlds can I cause to appear?

During my residency at the Centre SAGAMIE, I will further explore the evocative potential of my images, concentrating especially on their cartographic or organic aspects. The ink outline, once digitalized, altered and printed on a large-scale format, becomes a totally other space. The change in scale offers one a vantage point into spaces which are both familiar and strange and whose precise nature remains difficult to pinpoint.

Caroline Gagnon lives and works in Montreal where she completed a Master’s degree in visual and media arts at UQAM in 2011. Her work has been presented in several galleries and cultural centers across Canada. Initially based on print techniques, her work has taken on a multidisciplinary form combining printed images, video projections and installations.

mercredi 19 septembre 2012

Faye Mullen

Faye Mullen
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Par la dissection, récurrente, de l’espace architectural, Faye Mullen se sert du corps afin de poursuivre des théories qui concernent l’absence, la perte et les limites. Son travail prend racine dans une pratique de la sculpture et se combine à la performance, à la vidéo, l’image et l’installation. Ses investigations phénoménologiques s’articulent à travers la durée et l’imagerie poétique.

Ancrée dans l’expérience corporelle, j’examine le corps en relation avec l’état d’absence. J’emploie le corps performatif de l’artiste pour révéler la question entourant une disparition potentielle du Soi. En mettant en scène le corps qui se perd dans le paysage, j’espère rendre tangible la fonction phénoménal psychique de la présence et de l’absence. Par la création d’installations de vidéos performatives, d’images, de sculptures, mes œuvres sont des représentations psychosomatiques de la notion de perte, de besoin et de limite.

Comme dans une sorte de linceul, mon travail inscrit le corps dans la perte et dans le deuil en le soustrayant au regard. En utilisant le corps comme outil d’expression, j’interroge le désir de demeurer vivant malgré la dégradation corporelle, la rupture du Soi entre l’être physique et psychique et le brouillage esthétique entre sujet et objet. Mes œuvres vidéographiques s’efforcent à présenter la chair de l’être comme un vestige de ce qui n’a jamais vraiment été.

Ma pratique artistique aspire à explorer ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus.

Par la mise en images de gestes rituels, dans lesquelles la figure tente de se perdre soi-même dans une résistance ontologique au destin de la mort et de l’oubli, je m’approprie l’idée et l’iconographie propre au mémento mori. L’ image de la performance, dans mon processus de création, examine visuellement la relation entre l’artiste et la limite de son corps. Les œuvres qui en ressortent matérialisent cette limite tout en se nourrissant du tissu culturel des archétypes et des symboles. Mon parcours, comme artiste, vise à élucider une connaissance plus subtile de la nature atrophique de mon propre corps de femme.

Faye Mullen est née dans la région de Niagara au Canada. Elle a fait des études à l’école National Supérieure des Beaux-Arts à Paris. Elle est détentrice d’un baccalauréat en arts visuels de OCAD U et d’une maîtrise en études visuelles de l’Université de Toronto. Ses œuvres ont fait partie d’expositions solos et de groupes au Canada, en France, en Corée du Sud, en Australie et aux Etats-Unis. Elle a réalisé des résidences à Wongol (Corée), Toronto (Ontario), Saint-Jean-Port-Joli (Québec) et Buffalo (Etats-Unis). Elle est la fondatrice de minnow & bass, un espace nomade d’artistes. Elle vit à Toronto.

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Faye Mullen
Artist in Residence

Often within a dissection of architectural space, Faye Mullen employs the body to speculate theories concerning absence, loss and limitation. Her work has been informed by her sculptural practice and is often combined with performance, video and installation. Her phenomenological investigations are articulated through durational and poetic imagery.

Rooted in the corporeal experience, my art practice examines the body in relation to states of absence. I employ the performative body to revel in questions surrounding a potential disappearance of the Self. By capturing the scene of the body loosing itself in the landscape, it is my hope to render tangible the function and ontological phenomenon of presence and absence. By the creation of installations in video, performance and sculpture, my work becomes visual articulations of loss, lack and limitation.

As a sort of shroud, my practice envelops the body in loss and grief by shielding it from the gaze. By using the body as expressive tool, material, I interrogate the desire for continuance despite bodily degradation, the rupture of Self between physic and psychic and the esthetic blur between subject and object. My performance-based video installations visually present the flesh of a being as a vestige framed at the threshold of existence.

My art practice aspires to explore what is not and what is no longer.

By framing a ritual gesture in which the figure risks loosing herself to her own resistence against loss, lack, death, I am appropriating the idea and iconography of a momento mori. The works birthed of this imagery, strive to unearth the sensory body and allow it to suspend between existence and disappearance with the use of duration stimulating a critical and emotive response that resides in space and context. The image of performance, in my practice, visually illustrates the relationship of the artist with her bodily limitations. The works materialise the body’s limits that enter the discourse of our cultural fabric composed of archetypes and symbols. My practice aims toward a better, more grounded understanding of the atrophied nature of my own female body.

Mullen grew up bilingually in the Niagara Region, Canada. She studied studio art with an emphasis in sculpture at l’école National Supérieure des Beaux-Arts in Paris, receiving her BFA from OCAD U and her masters in visual art from the University of Toronto. Mullen has exhibited internationally in solo and curated group exhibitions in Canada, France, South Korea, Australia and United States and has participated in international artist residencies in Wongol (South Korea), Toronto (Ontario), Buffalo (United States) and Saint-Jean-Port-Joli (Québec). She is the founder of minnow & bass Gallery, a nomadic artist-run space currently dormant. Currently, Faye situates her practice in Toronto.

samedi 8 septembre 2012

Exposition Catherine Bodmer Exhibition‏


Catherine Bodmer 
CAMELLONES English follows
EXPOSITION du 13 septembre au 14 décembre 2012
VERNISSAGE le jeudi 13 septembre à 17h00
L’exposition Camellones présente mon travail récent, développé suite à deux résidences de recherche que j’ai effectuées dans la ville de Mexico en 2010 et 2011. Envisageant cette mégalopole comme une matière vivante qui se transforme constamment, j’étais curieuse d’interroger les zones vides d’une ville qui abonde de gens et de choses. M’inspirant de l’image des limbes, cet espace intermédiaire entre paradis et enfer, je me suis attardée à des lieux de passages typiques des infrastructures modernes, tels les camellones, terme employé par les Mexicains pour désigner les terre-pleins parfois immenses séparant les avenues qui ceinturent ou traversent la ville. Les images montrent des sites délaissés, à mi-chemin entre terrain vague et terrain de loisirs. Ils sont vidés du jeu social qui pourtant, suite à des tentatives municipales, devait les rendre plus attirants.À partir du matériel photographique que j’ai rassemblé à Mexico, j’ai développé des séries d’images en utilisant des stratégies de dédoublement et de multiplication, de symétrie et d’asymétrie. Je pars de l’idée qu’un lieu (et l’expérience que l’on en fait) est avant tout un agencement de variables où rien ne reste vraiment fixe; je m’intéresse à son potentiel, à ses possibilités de représentation. " [ ... ] Grâce au numérique, l’artiste confond [...] les repères spatiotemporels, construisant une réalité recomposée par la multiplication de l’espace initial qui devient en ce sens inépuisable "1 . Ainsi, les lieux représentés renvoient à eux-mêmes dans une boucle infinie, suggérant les contradictions inhérentes au désir de reconstituer un paradis perdu. -CBOriginaire de Zurich, Catherine Bodmer vit et travaille à Montréal depuis 1996. Ayant obtenu un diplôme de l’École des Beaux-arts de Lucerne, elle est titulaire d’une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal (1999). Son intérêt pour la singularité des lieux et des matériaux du quotidien, ainsi que l’idée de répétition et de transformation sont au cœur de son travail. Sa pratique artistique comprend des installations, des œuvres in-situ et des photographies, qui ont été présentées dans des expositions individuelles et collectives à travers le Canada, ainsi qu’au Mexique et à Taiwan. Récipiendaire de plusieurs bourses des conseil des arts, tant fédéral que provincial, elle s’est vu décerner en 2008 le Prix du duc et de la duchesse d’York en photographie du Conseil des Arts du Canada. En 2010, elle a réalisé une résidence de création à Mexico dans le cadre du programme des ateliers-résidences du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Fondo Nacional para la Cultura y las Artes. Elle y est retournée un an plus tard afin de poursuivre son projet photographique au Centro Arte Diseño Multimedia (ADM).1 Des particules urbaines, par Marie-Ève Charron, citation tirée de l’ouvrage à paraître Catherine Bodmer - Mexico DF (détails), SAGAMIE édition d'art, Alma 2012.

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Catherine Bodmer
CAMELLONES 
EXHIBITION September 13 to December 14 - 2012
OPENING Thursday, September 13, 17:00
The Camellones exhibition presents my most recent work, completed following my two research residencies in Mexico City in 2010 and 2011. I envisaged this megalopolis as a constantly evolving living mass and I set out to explore the empty spaces scattered throughout this city so thickly packed with people and things. Inspired by the image of limbo, the intermediate zone between heaven and hell, I visited the transit zones typical of modern infrastructures, such as the Camellones, the term used by Mexicans to describe the sometimes immense median strips dividing the avenues which circle or cross the city. The images reveal neglected sites, half-way between vacant lots and recreational parks. The social dynamic is absent from these places despite the efforts of municipal authorities to make them more attractive.Starting with the photographic material which I had gathered in Mexico, I put together series of photographs employing techniques of repetition and multiplication, of symmetry and asymmetry. I begin with the idea that any given space (and the experience we have of it) is first and foremost a collection of variables where nothing remains constant; my interest is in its potential, its possibilities of representation. “Digital imaging allows the artist to distort (...) the familiar spatio-temporal framework and construct a realigned reality through the multiplication of the original space, rendering it in this manner inexhaustible.” 2 The spaces which are represented refer constantly back to themselves in an interminable loop, providing an indication of the contradictions inherent in the desire to reconstitute a lost paradise. -CBOriginally from Switzerland, Catherine Bodmer has lived and worked in Montreal since 1996. She obtained a diploma from the School of Art of Lucerne and holds a master’s degree in visual arts from the Université du Québec à Montréal (1999). Her interest in the singularity of places and materials of the everyday, as well as ideas of repetition and transformation are at the centre of her work. Her art practice includes installations, site-specific works and photography that have been presented in individual and group exhibitions throughout Canada, as well as in Mexico and Taiwan. A recipient of several grants from both federal and provincial Arts Councils, she received the Duke and Duchess of York Price of Photography of the Canada Council for the Arts in 2008. In 2010, she carried out a residency in Mexico City as part of the studio-exchange programme of the Conseil des arts et des lettres du Québec and of Fondo Nacional para la Cultura y las Artes de Mexico. She returned a year later to pursue her photographic project at Centro Arte Diseño Multimedia (ADM).2 Des particules urbaines, by Marie-Ève Charron, an extract from the soon to be released book Catherine Bodmer - Mexico DF (détails), SAGAMIE édition d'art, Alma, 2012.