lundi 25 janvier 2016

Caroline Cloutier



Caroline Cloutier
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Pour le corpus Contre-espaces, je désire me concentrer sur une nouvelle piste de recherche à propos de la virtualité de l’image spéculaire, incarnée par des prises de vues en atelier et dans des lieux de diffusion. Le miroir, utilisé comme un outil de déconstruction et de mise en scène de l’espace, me permettrait d’imbriquer, à l’intérieur d’un seul espace destiné à être photographié, plusieurs contre-espaces se retrouvant en hors champ. Du simple miroir appuyé contre un mur au dispositif modulaire complexe, ces dispositifs se transforment en véritables kaléidoscopes inversés, conteneurs d’espaces virtuels se juxtaposant dans des compositions improbables. Une fois photographiés, ces lieux démultipliés par les miroirs basculent dans un autre espace virtuel — celui de la photographie — où la frontière entre l’image spéculaire et l’espace réel se brouille pour révéler des méta-lieux. Sous forme de photographies imprimées en grand format, j’imbriquerai des espaces vides, des spatialisations utopiques dans lesquels le corps tend à se projeter.

Le conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que le Conseil des arts du Canada ont soutenu l’amorce de la recherche ayant mené au corpus Contre-espaces, qui sera présenté au Centre Vu à Québec en 2016.

http://www.carolinecloutier.net/



***************

Caroline Cloutier
Artist in Residence

Contre-espaces body of works is a new phase in my photographic research into the virtuality of the specular image. I will use the mirror as a deconstructive device and as a way of staging different spaces. This will allow me to incorporate several off-screen “counter-spaces” into a single photographed space. From simply a mirror leaning against a wall to more complex devices, these specular captures transform the spaces of my interventions into containers for virtual spaces that I juxtapose in improbable compositions, as in an inverted kaleidescope. Once photographed and multiplied through mirrors, these spaces will shift into the virtual space of photography, where the boundary between specular image and real space is blurred and a meta-space emerges.

The researches wich has led to Contre-espaces has been support by the Canadian Art Council and the Conseil des arts et des lettres du Québec and an exhibition is upcoming at VU (Quebec) in 2016.


http://www.carolinecloutier.net/

lundi 18 janvier 2016

Amélie Proulx

Amélie Proulx
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

La porcelaine, cette matière considérée immuable à travers le temps, est aux fondements de mes recherches. À travers la représentation de signes iconiques et diverses manipulations technologiques, mes réalisations évoquent les cycles de transformation de la matière et un perpétuel glissement de sens dans la perception de phénomènes naturels.

Mes créations débutent avec la prémisse qu’avant sa cuisson, l’argile est souple et peut être indéfiniment transformée si elle reste humide. Lorsque l’argile cuit, elle devient irréversiblement céramique. Le processus de cuisson rend cette matière stable et permanente, et celle-ci conserve ses caractéristiques de dureté et d’immuabilité pendant des millénaires. Mes explorations avec la matière me conduisent à développer diverses stratégies pour déjouer les caractéristiques inhérentes de la céramique et suggérer que celle-ci peut redevenir souple et en perpétuelle transformation. Mes sculptures et installations sont donc des propositions de mouvements potentiels d’une matière considérée immuable à travers le temps. L’utilisation de divers matériaux et technologies combinés à la céramique me permet de multiplier les possibles relationnels entre certains éléments occupant un espace donné. Ainsi, j’active la céramique de diverses manières afin de créer des sculptures et installations — souvent cinétiques et sonores — qui suggèrent un perpétuel glissement de sens dans le langage et dans la perception des phénomènes naturels.

Amélie Proulx est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Québec. Elle s’intéresse aux glissements de sens possibles dans le langage et dans la perception des phénomènes naturels. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de l’université Concordia à Montréal (2006), et une maîtrise du Nova Scotia College of Art and Design University à Halifax (2010). Son travail artistique a été présenté dans des expositions individuelles et collectives au Canada, aux États-Unis, en Australie ainsi qu’en France. En 2013, elle était la récipiendaire du RBC Emerging Artist People’s Choice Award présenté au Gardiner Museum de Toronto. Elle a réalisé diverses résidences de création, notamment au Frans Masereel Centrum (Belgique, 2006), au Centre for Art Tape (Halifax, 2010) et au European Ceramic Work Centre (Hollande, 2014). Elle enseigne la céramique et les arts visuels à la Maison des métiers d’art de Québec et au Cégep Sainte-Foy. Elle est représentée par la Galerie 3 à Québec.


http://amelieproulx.com/


***************

Amélie Proulx
Artist in Residence


Porcelain, this material considered immutable over time, is at the foundation of my research. Through representation of iconic signs and technological manipulations, my work evokes the cycle of transformation of this material and a perpetual slippage of meaning in the perception of natural phenomena.

I start with the premise that before its firing, clay is a soft material that can be perpetually transformed if it stays wet. The process of firing renders this material stable and permanent, thereby conserving its characteristics of stability and immutability for millennia. My explorations with this material have led me to develop different strategies for unsettling the inherent characteristics of ceramics and suggesting that this material could collapse again into a soft state. My sculptures and installations are hence proposals of potential movements in this material considered immutable over time. Using different materials and technologies, I activate ceramics to create sculptures and installations — often time-based with motion and sound — that suggest a perpetual slippage of meaning in language and in the perception of natural phenomena.

Amélie Proulx is a multidisciplinary artist living and working in Québec City. She is interested in the possible shifts of meanings in language and in the perception of natural phenomena. She received a BFA from Concordia University in Montreal (2006) and an MFA from the Nova Scotia College of Art and Design University in Halifax (2010). Her artwork has been presented in solo and group exhibitions in Canada, the United States, Australia and France. In 2013, she received the RBC Emerging Artist People’s Choice Award at the Gardiner Museum in Toronto. She has participated in several residencies, notably at the Frans Masereel Centrum (Belgium, 2006), the Centre for Art Tapes (Halifax, 2010) and the European Ceramic Work Centre (The Netherlands, 2014). She teaches ceramics and visual arts at the Maison des métiers d’art de Québec and at Cégep Sainte-Foy. She is represented by Galerie 3 in Québec City.

http://amelieproulx.com/

lundi 11 janvier 2016

Guillaume Adjutor Provost


Guillaume Adjutor Provost
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Guillaume Adjutor Provost complète un doctorat à l’Université du Québec à Montréal. Son travail a été diffusé lors d’expositions solos et collectives au Canada, en France, en Allemagne, en Autriche et en Belgique. Ses projets récents mettent de l’avant des propositions hybrides qui empruntent aux langages des arts visuels, du commissariat et de la littérature. À travers un certain indéterminisme des formes, la production de Guillaume Adjutor Provost sonde les manifestations de l'inconscient, la notion d'usage et la construction d'idéaux. La pratique artistique devient un espace de recherche, un lieu pour interroger notre relation à la contemporanéité ; naviguer à travers ses déceptions et ses expectatives. Plus spécifiquement, il est question de la périphérie de ce qui fait histoire : la contre-culture, les archives personnelles, les théories queer et la science-fiction. Pour agir dans le présent, il incombe de proposer des fictions d’avenir.


http://www.guillaumeadjutorprovost.com/


***************

Guillaume Adjutor Provost
Artist in Residence


Guillaume Provost Adjutor completes a Ph.D. at the Université du Québec à Montréal. His work has been shown in solo and group exhibitions in Canada, France, Germany, Austria and Belgium. His recent projects are hybrid proposals that borrow from the language of the visual arts, curatorial practices and literature. Through a certain indeterminacy of form, the work of Guillaume Provost Adjutor examines the manifestations of the unconscious, the concept of use and the construction of ideals. The artistic practice becomes a research space, a place to question our relationship with contemporaneity ; navigate through its disappointments and expectations. More specifically, it is about the periphery of what makes history : counter-culture, personal archives, queer theories, and science fiction. To act in the present, we need to propose fictions for the future.


http://www.guillaumeadjutorprovost.com/

lundi 4 janvier 2016

Michelle Lacombe



Michelle Lacombe
Artiste en résidence / Artist in Residence

(English follows)

Of all the Watery Bodies, I Only Know My Own est le titre sous lequel sont regroupées une série d'œuvres homonymes issues d’un corpus de traces et d’expériences d’art corporel. Le projet original s’est déroulé de juillet 2013 à juillet 2014, cycle de 12 mois durant lequel l’artiste s’est fait tatouer au moment de la pleine lune une ligne autour de chaque jambe. Exécutés avec de l'eau, substituée à l'encre, ces tatouages cartographiaient la hauteur à laquelle se situerait le volume sanguin, le sang s'accumulant dans la jambe, une fois la circulation interrompue. L’accumulation, puis la rencontre de ces lignes éphémères dessinaient souvent des scarifications. Régie par le cycle lunaire, cette accumulation de tatouages corporels érodait lentement le corps et transformait l’œuvre en une incarnation des marées. Dans toutes ses formes, ce projet interroge le paradoxe du corps féminin, stérile et fertile, la pulsion de mort et la transcendance du « féminin ».

Depuis l’obtention en 2006 de son baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia, Michelle Lacombe (Montréal, Québec) élabore une pratique féministe singulière qui se situe entre les préoccupations de l'art conceptuel et de la performance et celles des arts visuels plus traditionnels (dessin, peinture, sculpture). Délibérément minimalistes, ses projets se caractérisent par la mise en œuvre d'une logique précise, entretenant néanmoins une certaine confusion, et mettent en relation les constructions culturelles associées au corps de la femme blanche contemporaine. Ses œuvres ont été exposées au Canada, aux États-Unis et en Europe dans le cadre de performances, d'expositions et de colloques. L'artiste remercie le Conseil des Arts du Canada pour son soutien.


photo : Moon (Février 02), 2014, Michelle Lacombe


***************

Michelle Lacombe
Artist in Residence


Of all the Watery Bodies, I Only Know My Own is the umbrella title for a series of artworks generated from the traces and experiences of a body art action of the same name. Produced from July 2013 to July 2014, the original project consisted of getting a bloodline tattooed around each leg on every full moon over a twelve-month period. The inkless tattoos mapped the volume measurement of the body’s blood, identifying the height it would reach were it to stop circulating and pool inside the legs. The ephemeral lines accumulated, eventually scarring where they overlapped most often. Regulated by the moon and slowly eroding the body, the work is best described as an embodied tide. This project – in all its forms – addresses the barren but fertile female body, the death drive and “feminine” transcendence.

Since obtaining her BFA from Concordia University in 2006, Michelle Lacombe (Montreal, QC) has developed a unique feminist practice that is located somewhere between the concerns of conceptual action art and the more traditional visual arts (drawing, painting, sculpture). Purposefully minimalist, her projects are characterized by the embodied execution of a precise yet confused logic that complicates the contemporary white female body’s relationship with the cultural constructions it represents. Her work has been show in Canada, the USA, and Europe in during performance events, exhibitions and colloquiums. The artist thanks the Canada Council for the Arts for their support.

photo: Moon (Février 02), 2014, Michelle Lacombe