lundi 30 janvier 2012

Pascal Dufaux

CCTV MELANCHOLY

Pascal Dufaux
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Dans mon atelier, j’ai installé un système de vidéo surveillance en circuit fermé que j’utilise comme instrument photographique. C’est ce genre de dispositif que l’on retrouve maladroitement accroché au plafond de la plupart des petits commerces et qui le plus souvent ne fait que capter et retransmettre en continu l’absence d’événement de la vie quotidienne. Chacun de ces envahissants systèmes de sécurité couplant caméra et moniteur est une sorte de fontaine à images sous l’objectif desquels nous allons et venons, et sur l’écran desquels s’imprègnent pour quelques secondes les contours brouillés de nos silhouettes dans la lumière sale et parasitée d’une électronique bon marché. Cette technologie banale et terne est la quintessence du vide par l’image, le symptôme même de l’épuisement possible d’une certaine représentation enthousiaste du monde. Pourtant, son vacuum est plein, l’indifférence de son point de vue particulièrement pertinent et le bruit de sa circuiterie étrangement signifiant pour nous les contemporains de la crise de l’avenir. C’est pour sa capacité à user à la corde la joliesse du sujet placé devant son optique que cette machine à image m’intéresse. Machine de vision lucide et fatiguée, machine à images indifférentes, dont j’ai eu envie de pointer le rayon sur certains objets et thèmes - inspirés de loin par l’iconographie des vanités, ces peintures de genre de l’art flamand du XVIIe -, qui nous rappelle comment les choses de la vie sont éphémères, fragiles et belles.

Pascal Dufaux crée des machines automates optiques avec lesquelles il produit photographies et installations médiatiques. Il a récemment participé aux 23e Instants Vidéo de Marseille sous le commissariat de Marc Mercier et à l’exposition Paranoïa sous le commissariat de Charles Carcopino (Créteil, Maubeuge et Lille). Sa nouvelle sculpture vidéo cinétique Fontaine sera présentée dans le cadre de la première édition de la Biennale internationale d’art numérique organisée par ELEKTRA sous le commissariat d’Alain Thibault à Montréal au printemps 2012. Pascal Dufaux est représenté par la Galerie Joyce Yahouda.

http://vimeo.com/22264662

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Pascal Dufaux
Artist in Residence

In my studio, I have installed a closed circuit television surveillance system which I am using as a photographic tool. It is a similar set-up to those that are often seen conspicuously hanging from the ceilings of retail shops and which most often serve no other purpose than to uninterruptedly record and transmit the complete absence of anything actually taking place in the course of the daily grind. Each of these invasive security systems, linking camera to monitor, constitutes a fountain of images, as the lens captures our comings and goings, our blurry silhouettes passing for a couple of seconds at a time across a screen in the dull and parasitic light of cheap electronic gadgetry. This banal and drab technology represents sheer vacuity through imagery, the sure symptom of the exhaustion of any truly vibrant representation of the world. The vacuum, however, is full, the inconsequentiality of its vantage point is timely and the hum of the circuits unsettlingly meaningful for those of us now facing the crisis of the future. It is the ability of this image-making machine to erode the prettiness of the subject caught in front of the lens which fascinates me. A machine of limpid, jaded vision, machine of apathetic images, which I want to focus on certain objects and themes – inspired from afar by the iconography of vanity as portrayed in 17th century Flemish art – a reminder of just how ephemeral, fragile and beautiful are the things of life.

Pascal Dufaux creates robotic optical devices which he uses to produce photographs and media installations. He recently participated in the 23rd Instants Vidéo de Marseille, under the curatorship of Marc Mercier, and in the Paranoïa exhibition, under the curatorship of Charles Carcopino (Créteil, Maubeuge and Lille). His new kinetic video sculpture, Fontaine, will be presented as part of the first International Digital Art Biennial organised by ELEKTRA under the curatorship of Alain Thibault in Montreal in the spring of 2012. Pascal Dufaux is represented by the Joyce Yahouda Gallery.

http://vimeo.com/22264662

lundi 23 janvier 2012

Geneviève Chevalier‏


Geneviève Chevalier Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Geneviève Chevalier est artiste, commissaire d’exposition indépendante et doctorante au programme Études et pratiques des arts de l’UQÀM. Son champ d’intérêt couvre l’exposition, les méthodologies in situ et la question des sphères publiques. L’approche qu’elle privilégie est généralement contextuelle et dans le cadre de ses recherches, elle travaille présentement — à titre de commissaire invitée pour la Galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s — sur l’exposition in situ en deux volets Projet Stanstead ou comment traverser la frontière. Également, depuis 2010, à titre d’artiste, Chevalier réalise l’œuvre Orford : territoire insulaire, un projet qui s’articule à travers la documentation (photographie, vidéo, carte topographique ainsi que certains éléments d’archives tirés de la collection du groupe citoyen S.O.S. Parc Orford qui a mené une lutte contre le démantèlement du Parc provincial du Mont-Orford de 2006 à 2010). En juillet 2011, une randonnée ouverte au public a été offerte dans le Parc du Mont-Orford en compagnie de l’historien de l’art et alpiniste Benedict Fullalove (ACAD). Les participants y ont été invités à documenter leur randonnée ainsi qu’à utiliser une carte topographique développée par l’artiste. L’événement a été suivi d’une conférence de Fullalove au Centre d’arts Orford. Le projet sera présenté dans son ensemble à la Thames Art Gallery, Ontario, en 2013.

Comme artiste, le travail de Chevalier a été présenté au D.U.M.B.O. Art Center de Brooklyn; à la Thames Art Gallery, Ontario; au C.R.A.N.E., France; au centre Dare-Dare, Montréal; aux centres Wagon art itinérant et Regart, Québec et Lévis; à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, Montréal ainsi qu’au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Elle a reçu une bourse de la Fondation suédoise Brucebo pour les beaux-arts, différentes bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et du Centre interuniversitaire des arts médiatiques (CIAM). Elle a également réalisé des projets de commissariat pour la Galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s, dont l’exposition collective Motelisation et des expositions individuelles avec Ron Benner : Projet /10 et Valérie Blass : Dos-à-dos / Face-à-face. Récemment, Chevalier a occupé les postes de co-conservatrice et de conservatrice adjointe à la Galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s. Elle a également enseigné au Cégep St-Jean-sur-Richelieu et au Collège Gérald-Godin à Montréal. Elle détient un diplôme de maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Née à Québec, elle vit et travaille à Eastman dans les Cantons de l’Est.


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Geneviève Chevalier
Artiste en résidence / Artist in Residence


Geneviève Chevalier is a visual artist, an independent curator and a doctoral student in the program Études et pratiques des arts at UQÀM. Her research focuses on exhibition practices, site-specific methodologies and notions of public spheres. The approach she generally privileges is contextual and as part of her research, she is currently working—as guest curator at the Foreman Art Gallery of Bishop’s University—on the two-part site-specific exhibition entitled Stanstead Project or How to Cross the Border. Since 2010, Chevalier has been working as an artist on the project Orford: Insular Territory which articulates itself through documentation (silver gelatine prints, sound recording, video, topographical map and archives taken from the group of local citizens SOS Parc Orford which fought against the dismantlement of the Mount Orford Provincial Park, from 2006 to 2010). In July 2011, a hike open to the general public was offered in company with mountain climber and art historian Benedict Fullalove from ACAD. Participants were then invited to document their hike, usinga map created by the artist. The event was followed by a conference by Fullalove at the Orford Centre for the Arts. The project will be presented in its entirety in 2013 at the Thames Art Gallery, Ontario.

Chevalier’s work as an artist has been presented at the D.U.M.B.O. Art Center in Brooklyn; the Thames Art Gallery, Chatham, Ontario; C.R.A.N.E., France; Regart and Wagon Art itinérant Artist Run Centres, Lévis and Québec City; Centre Dare-Dare, Montréal and Museum of Fine Arts, Sherbrooke. She has been awarded a grant from the Brucebo, Swedish Foundation for the Arts, various grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) and the Centre interuniversitaire des arts médiatiques (CIAM). In the past, Chevalier has worked as co-curator at the Foreman Art Gallery and taught at the Cégep St-Jean-sur-Richelieu and Cégep Gérald-Godin. She holds an MFA from Concordia University. Born in Québec City, she now lives and works in Eastman, Eastern Townships, Québec

mardi 17 janvier 2012

Sonia Boudreau / Lancement de livre


Sonia Boudreau DIAGNOSTIC 201100006131
Lancement du livre édité par le Centre SAGAMIE
à Espace Virtuel
ce jeudi 19 janvier 2012 à 17h

534, Jacques-Cartier est, Chicoutimi, 418-698-3873

La mécanique du vivant se retrouve toujours à la base de mon travail. J'explore des avenues métaphysiques de phénomènes déstabilisants touchant le corps en me penchant méticuleusement sur les détails et jouant avec l’altération des échelles. Je cherche à créer un langage visuel associé à la notion de duplicité selon laquelle l’humain assiste à sa propre vie comme un spectateur. Avec le projet Diagnostic, je me suis amusé à décortiquer un simple rapport radiologique afin de démontrer une certaine "absurdité dramatique" de son langage. Ce livre d'artiste, empruntant parfois l'esthétique de la BD, montre à quel point les codes techniques peuvent être sujets à l'interprétation. Avec une bonne dose d'ironie, j'ai construit un récit qui démontre comment notre environnement peut modeler nos perceptions jusqu'à l'hypocondrie. Je pose ainsi un regard amusant, personnel et métaphorique, à la fois autobiographie et autofiction, sur les concepts de thérapie, de douleur et de maladie.

Sonia Boudreau vit et travaille au Saguenay depuis 2001. Elle détient un baccalauréat interdisciplinaire en arts ainsi qu’une maîtrise en arts visuels de l’UQAC. Boursière du CALQ à plusieurs reprises, elle a présenté son travail individuel dans divers centres d'artistes, événements et expositions collectives un peu partout au Québec. En marge de sa pratique solo qui touche surtout l'installation, le dessin et le livre, elle fait partie du collectif Cédule 40 qui évolue depuis 2005 dans les champs de l'installation, du jardin et de la sculpture. Elle est aussi membre des Ateliers d’artistes Touttout. En plus de sa pratique artistique, elle enseigne les arts plastiques au Cégep de Chicoutimi et est activement impliquée dans le milieu culturel au Saguenay-Lac-St-Jean.

lundi 16 janvier 2012

John Boyle-Singfield‏

"Sleep" , 2011. Compilation de vidéos corporatives représentant des gens en train de dormir.
"Sleep" , 2011. Compilation of corporative videos showing people asleep.

 
John Boyle-Singfield
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

John Boyle-Singfield est un artiste résidant à Montréal. Il produit des œuvres dans un large éventail de médias incluant musique, vidéo, image, performance et internet. L’artiste s’engage dans plusieurs stratégies comme l’archivage web, l’appropriation, le readymade social et considère la notion de " non-auteur " pour donner forme à son travail. Son travail explore la production et la dissémination de l’art dans un monde saturé par la technologie.

John Boyle-Singfield est né en 1987 à Chicoutimi (QC), Canada. Il termine son baccalauréat en arts interdisciplinaire en 2012. Certaines de ses œuvres ont été présentées au centre d’artiste le Lobe et à la galerie Espace Virtuel de Chicoutimi. En 2010, il expose pour sa première exposition solo une série de peintures " économiseur-écrans " (screensavers). Au cours de la même période, il réalise une seconde exposition dans son appartement à Chicoutimi. Il y présente une série de matériaux bruts; châssis, toiles blanches, bois et articles de sculpture qui n’ont pas été utilisés par l’artiste durant l’année.

Pour sa dernière exposition à la Galerie Sans Nom (Moncton, NB), John Boyle-Singfield a transformé la galerie en centre d'entrainement personnel réservé aux artistes. Entièrement fonctionnel, l'espace questionne l'agriculture humaine, le readymade social et les modes de production et d'attribution de valeur.

Plusieurs liens sur le travail web de l’artiste se retrouvent sur son site web : http://www.johnboylesingfield.com


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John Boyle-Singfield
Artiste en résidence / Artist in Residence

John Boyle-Singfield is an artist living in Montreal. He produces works across a large array of media including music, video, image-based practices, performance and the internet. The artist takes part in various strategies akin to web archiving, appropriation and social readymade while considering the idea of the "non-author" to give shape to his work. His work explores production and the dissemination of art in a world saturated with technology.

John Boyle-Singfield was born in 1987 in Chicoutimi (QC), Canada. He is working towards a Bachelor's degree in Interdisciplinary Arts to be completed in 2012. Some of his works have been presented at Le Lobe and at Espace Virtuel in Chicoutimi. In 2010, he presented a series of "screen-saver" paintings in the context of his solo exhibition. Concurrently, he held another exhibition in his apartment in Chicoutimi where he presented a series of raw materials : stretchers, blank canvases, wood and sculpture elements that were not used by the artist during the year.

For his latest exhibition at Galerie Sans Nom (Moncton, NB), John Boyle-Singfield transformed the gallery space into a personal training center reserved for artists. Entirely functional, the space questions human agriculture, social readymade as well modes of production and the attribution of value.

Many links about the artist's internet works can be found on his website : http://www.johnboylesingfield.com

mardi 10 janvier 2012

Jacinthe Lessard-L.


Jacinthe Lessard-L.
Artiste en résidence / Artist in Residence
(English follows)

Jacinthe Lessard-L. explore l'esthétique générique de l'espace habitable, les interstices entre le normatif et l'individuel et ce, dans des œuvres qui rappellent bien souvent les formes picturales de la modernité. Elle est obsédée par ce temps de grands idéaux et ce qui reste de ces visées positivistes dans notre quotidien; particulièrement dans les objets manufacturés en série. Aussi, beaucoup de ses projets questionnent la nature de la photographie, son rôle historique, sa soi-disant transparence et son rapport au référent; ce qui est documenté avec sa caméra est souvent construit de toutes pièces, dans un autre médium. Son séjour au Centre SAGAMIE lui permettra de développer une série de photographies qui sera présentée dès mars prochain dans une exposition intitulée "La Chambre" à la galerie les Territoires à Montréal. Dans ce projet, les chambres noires de diverses caméras sont moulées puis photographiées sous divers angles. L'espace physique de la Camera Obscura est donc rendu visible ici; celui-ci tend à rétrécir (voire disparaître) avec le développement de la technologie - de la photographie numérique. Il s'agit finalement d'un hommage envers cet espace qui a profondément lié l'avènement de la photographie avec la peinture et l'histoire de l'art.

Jacinthe Lessard-L. détient une maîtrise en Beaux Arts de l’Université Concordia. Ses œuvres ont été exposées au Québec, à Toronto, Nancy, Göteborg, Glasgow et récemment, au Musée de L'Élysée de Lausanne dans l'exposition reGénération2: photographes de demain. Cette dernière fait l'objet d'une publication chez Thames and Hudson et poursuivait en 2011 une tournée internationale. Son travail fait partie de plusieurs collections privées au Canada et aux État-Unis ainsi que de la collection du Cirque du Soleil, du Musée de l'Élysée de Lausanne, du Katrine Harris Print Collection, à Cape Town en Afrique du Sud; il est distribué par l'Aperture Foundation.


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Jacinthe Lessard-L.
Artiste en résidence / Artist in Residence

Jacinthe Lessard-L's work explores the generic aesthetics of everyday life and contemporary dwelling spaces while referring to pictorial forms from modernity. She is obsessed with a diversity of artistic movements that promoted great ideals and the remnants of those positivist positions in today’s world, especially in mass-produced objects. Many of her projects also investigate the nature of photography, its historical role, its so-called transparency and its relationship to the referent; what is documented with her camera is often entirely constructed in another medium. Her stay at the Centre SAGAMIE will provide her with the opportunity to developp a series of images that will be shown in march at the galerie Les Territoires in Montreal. In this project, the interiors of different cameras are molded and photographed. What is made visible here is the physical space of the Camera Obscura that tend to shrink (and almost disappear) with the development of technology - of digital photography. It is a visual homage to a space that once deeply linked photography with painting and art history.

Jacinthe Lessard-L. holds a Master in Fine Arts from Concordia University. Her works has been exhibited in the province of Quebec, Toronto, Nancy, Gothenburg, Glasgow, and recently at the Musée de L'Élysée in Lausanne as part of the 2011 international travelling exhibition reGeneration2 : Tomorrow's Photographers Today which is also the subject of a publication by Thames and Hudson. Her work is included in many private collections in Canada and the United Sates and in the collections of Le Cirque du Soleil, Musée de l'Élysée in Lausanne, the Katrine Harries Print Cabinet, South Africa; it is distributed by the Aperture Foundation.