lundi 16 février 2015

Exposition David Lafrance



David Lafrance
La peur de perdre
(English follows)

EXPOSITION du 19 février 2015 au 30 avril 2015
VERNISSAGE le jeudi 19 février 2015 à 17h00

David Lafrance présente La peur de perdre, au Centre SAGAMIE d’Alma, une nouvelle série de tableaux miniatures denses et complexes illustrant la possession des lieux : des environnements intérieurs en voie de devenir un domicile.

Cette série s’inscrit dans une suite portant sur le quotidien et la proximité. L’œuvre est supportée par l’immanence du réel, mais poussée aux limites du possible des avenues graphiques et esthétiques de la peinture moderne. Le corpus présenté a été stimulé par un déménagement domestique où chaque objet du quotidien est revisité et analysé. Garder, jeter, donner ou revendre? C’est dans ce chaos ménager que fut entreprise au compte-goutte la création de la présente série, stimulant la réflexion portant sur des sujets d’actualité socioéconomique comme l’austérité, l’hyperconsommation, la mondialisation, la lutte des classes et la dépendance aux technologies.

Cette recherche picturale invite une multitude de sujets à co-habiter tant bien que mal, formant entre hasard et conscience des compositions symboliques. Par le « design d’intérieur », la nature morte et l’abstraction, les thèmes de la domesticité et de l’acquisition se déchirent. On y retrouve tantôt des accumulations maladives, tantôt la négligence des lieux. Ce sont les signes de l’expression du malaise de l’artiste tiraillé entre l’abondance matérielle et la crise sociale, grands thèmes anxiogènes de notre époque. 

Si les tableaux soulignent l’abondance démesurée des biens matériels, ceux-ci sont fabriqués à une échelle des plus réduite, presque miniature, ne prenant que très peu d’espace et facilitant le transport et l’entreposage. Cette résolution quant au support donne alors un peu d’espoir vis-à-vis la perte de contrôle dans un lieu limité.

David Lafrance est né en 1976 au Québec et vit et travaille à Montréal. Il est diplômé depuis 2001 de l’Université Concordia à Montréal en peinture et dessin. Ces dernières années ce peintre, aussi graveur et sculpteur, a réalisé plusieurs expositions au Québec, au Canada et au États-Unis. Il est récipiendaire de bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec. On peut retrouver ses œuvres dans plusieurs collections publiques et corporatives. En complément à son œuvre picturale, sa pratique artistique évolue à travers la musique expérimentale et bruitiste. Il est cofondateur, avec son frère Vincent, des Jouets Lafrance, un projet de sculptures populaires autodidactes. Il est représenté par la galerie Hugues Charbonneau.

L’artiste travaille sur des peintures sensorielles et stimulantes adoptant différents cadres figuratifs. Ses compositions sont motivées par l’accumulation plus ou moins logique de sujets qui nourrissent la recherche au niveau des préoccupations de notre société. À la source de cette quête, à caractères esthétique et symbolique, il y a un malaise, un problème d’identité et d’autodétermination créé par le vide spirituel contemporain. Il trouve une source d’inspiration dans la façon dont les gens consomment, s’évadent, fantasment et développent le goût du beau et de la sécurité comme refuge.


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David Lafrance
La peur de perdre

EXHIBITION February 19, 2015 / April 30, 2015
OPENING Thursday, February 19, 5 p.m

David Lafrance is presenting La peur de perdre at the Centre SAGAMIE in Alma. This exhibition comprises a series of dense and complex miniature paintings illustrating the occupation of a place: interior environments in the process of becoming a home.

This series is part of an ongoing project focused on the everyday and proximity. Though the work is supported by the immanence of the real, it pushes the graphic and aesthetic possibilities of modern painting to its limits. The exhibited body of work was inspired by a home move in which everyday objects had to be reconsidered and analyzed one by one. Should it be kept, thrown out, given away or sold? It is in this domestic chaos that the current series slowly began to arise. The presented works stimulate thought about topical socioeconomic subjects such as austerity, hyper-consumption, globalization, class struggle and technology dependence.

This visual research brings together a multitude of not always compatible subjects, which take shape as a symbolic composition born of a mix between chance and conscious choice. The “interior design”—combining the still-life and abstraction—causes the themes of the home and acquisition to clash. Here, sickly accumulations alternate with neglected places. These signs express the malaise of the artist, who is torn between material abundance and social crisis, two major sources of anxiety in our era.

Though the paintings emphasize the excessive abundance of material goods, they are created on a very small, almost miniature scale, and thus take up hardly any space, which facilitates their transportation and storage. In thus inscribing the resolution in the support, the artist provides some hope for a situation in which limited space can lead to a loss of control.

David Lafrance was born in 1976 in Quebec and he lives and works in Montreal. In 2011, he graduated from Concordia University (Montreal) with a specialization in painting and drawing. For the last few years the painter, who is also an engraver and sculptor, has had several exhibitions in Quebec, Canada and the US. He has received grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec and his works are part of several public and corporate collections. In addition to his visual work, his artistic practice also includes experimental and noise music. He is the cofounder, alongside his brother Vincent, of the Lafrance Toys project, which consists of folk sculptures created in a self-taught manner. He is represented by the Galerie Hugues Charbonneau

Through the use of various figurative frameworks, the artist creates sensory and stimulating paintings. His compositions are motivated by a more or less logical accumulation of subjects that reference current social concerns. At the root of this aesthetically and symbolically inflected quest there is a malaise, a struggle with identity and self-determination issues brought about by the spiritual bareness of our times. He draws his inspiration from the way in which people consume, engage in escapism, fantasize and cultivate a taste for beautiful things and security as a refuge.

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