mardi 7 septembre 2010

Exposition MILUTIN GUBASH Exhibition‏


MILUTIN GUBASH
TITO MON AMI ET D'AUTRES HISTOIRES
TITO MY FRIEND, AND OTHER STORIES
English follows

VERNISSAGE
Ce jeudi 9 septembre à 17h00
EXPOSITION du 9 septembre au 8 octobre 2010

Mes travaux récents (Re-Enacting Tragedies While My Parents Look On, 2003; Near and Far, 2005; LOTS, 2007; Born Rich, Getting Poorer, 2009) ont tous été créés à partir de sujets qui me sont très proches: ma mère, mon père, mon amoureuse et ma fille, quelques amis intimes ainsi que d’autres artistes complices. Apparaissant à mes côtés dans mon travail, ces derniers me permettent d’exprimer des réflexions sur l’amour, l’échec, l’espoir, la mort, le cinéma, la télévision, le passé, le futur et l’art.

Ma pratique se compose d’anecdotes, de dialogues, d’événements ou de traits de caractères puisés dans la vie réelle, qui sont ensuite mis en scène devant la caméra, puis devant le public, formant des suites expérimentales sur le portrait et la biographie. Je m’intéresse de plus en plus à explorer le processus et l’esthétique de la narration de façon à créer et à suivre le fil évolutif de ma propre histoire et de celle de ceux qui m’entourent.

Dans la vidéo HOTEL TITO, ma mère (ébranlée par un grave problème de santé) confie sa version des événements étranges et menaçants les ayant convaincus, mon père et elle, d’abandonner la Yougoslavie socialiste des années 1960. Elle explique ce qui les a amenés à s’envoler pour le Canada : les rudes conditions de vie, une économie irrationnelle ainsi qu’un état militaire abusif et violent, le tout se manifestant dans leur sphère intime alors qu’ils étaient en pleine lune de miel. En guise de célébration pour cette nuit spéciale, ils ont eu à composer avec un empoisonnement alimentaire, l’absence de tuyauterie à l’intérieur de l’hôtel (pas de toilette intérieure), un âne attaché à la bécosse et, pour conclure, ils ont eu droit à un interrogatoire mené par un groupe de soldats éméchés!

Alors qu’elle raconte son histoire dans la vidéo, je rassemble un groupe de personnes - quelques visages connus de la scène artistique montréalaise dont Sylvain Campeau, Doug Scholes, Jean Lalonde,…) et d’autres amis qui figurent dans mes œuvres antérieures - afin de m’aider à visualiser cet événement qui a eu un impact énorme sur ce que je suis et sur ce pourquoi je suis ici maintenant, éloigné de mon propre patrimoine et de ma propre culture. HOTEL TITO se présente comme une version maison de l’image que je me fais d’une série télé du bloc de l’Est durant les années 1960, ce qu’elle aurait pu avoir l’air sur les plans visuels et sonores. L’œuvre a été doublée en français grâce à la participation d’un autre groupe de personnes, provenant cette fois-ci de la scène artistique de la ville de Québec. Ces derniers animent, mais aussi interprètent cette pièce amateur présentée dans la vidéo.

L’exposition est également accompagnée d’un projet intitulé THESE PAINTINGS, un assortiment de ce que j’appelle de « fausses » abstractions picturales se présentant toutes comme des portraits de Tito (à la fois architecte visionnaire du socialisme et, de 1945 à 1982, impitoyable dictateur de la Yougoslavie). On dit souvent que le Modernisme est né de la catastrophe, de celle de la guerre plus particulièrement. Alors que l’abstraction était illégale en Union Soviétique, elle ne l’était pas dans la Yougoslavie d’après-guerre des années 1950-1960. Elle n’était tout simplement pas une forme artistique reconnue par l’État (le style dominant étant alors le réalisme socialiste). En coulisse, il n’en demeure pas moins que des moyens ont été pris pour décourager cette forme d’art, de façon à déranger la vie des artistes qui tentaient de repousser ces frontières esthétiques. On rapporte des cas où l’intimidation policière ainsi que des allégations de déséquilibre ou de déficience mentaux ont été formulées par des autorités diverses afin de perturber et de dénoncer ces praticiens. Dans ce contexte où l’abstraction picturale était perçue comme une réelle affirmation politique, je souhaite proposer un questionnement quant à sa signification en Yougoslavie

Né à Novi Sad (Serbie) et vivant à Montréal (Québec) depuis 2005, Milutin Gubash a présenté des expositions au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe. Récemment, il a présenté son travail en solo à Montréal, au Musée d’art contemporain (Lots, 2007) et à Optica (Born Rich, Getting Poorer, 2009), à Paris, à la Galerie 3015, et à Marseille, à la RLBQ (Which Way to the Bastille?, 2008). Faisant appel à la photographie, à la vidéo et à la performance, le travail de Gubash met souvent en scène sa famille et ses amis qui jouent leurs propres rôles à l’intérieur de réalisations maison : comédies de mœurs, téléromans, portraits de famille et pièces de théâtre improvisées. Avec des moyens simples et une gestuelle souvent comique, les rôles s’emmêlent et se renversent, passant du simple domestique à différents statuts sociaux et professionnels. C’est ainsi que nous sommes invités à suivre l’artiste qui brasse les idées reçues portant sur nos identités et sur nos environnements.
http://www.milutingubash.com

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MILUTIN GUBASH
TITO MY FRIEND, AND OTHER STORIES

Opening
Thursday, September 9, 5 p.m.
Exhibition du 9 septembre au 8 octobre 2010
September 9 - October 8, 2010

All of my recent works (Re-Enacting Tragedies While My Parents Look On 2003; Near and Far 2005; LOTS 2007 ; Born Rich, Getting Poorer 2009) are created from the subjects I keep closest to me in my daily life. My mother and father, my lover and my daughter, some close friends and a few other artists with whom I share an affinity, appear alongside me in my work to express thoughts on love, failure, hope, death, movies and television, the past, the future, art.

My practice borrows anecdotes, dialogue, events or character traits from actual life, and represents these elements in front of a camera, and eventually an audience, as a series of experiments in portraiture and biography. Increasingly, I have become interested in engaging with the process and aesthetics of narrative, creating and maintaining an evolving story of myself and those around me.

In the video HOTEL TITO, my mother (under the distress of a serious health scare) relates her version of the bizarre and menacing events that finally persuaded her and my father to abandon socialism in early 1960s Yugoslavia. She explains why they fled to Canada : the primitive living conditions, an irrational economy, and an abusive and violent military state all converged at a personal scale on their honeymoon. To celebrate that special night, they were subject to food poisoning, having to cope with a lack of indoor plumbing in the hotel (no indoor bathroom), living along with a donkey tied to the outhouse, and being arbitrarily interrogated by a group of drunken soldiers!

While she relates her story in the video, I assemble a group of people -- a few recognizable from the Montreal art milieu (Sylvain Campeau, Doug Scholes, Jean Lalonde…), and other friends who appear in my earlier works -- to help me visualize this event which had an enormous impact on who I am, and why I am now here, removed from my own heritage and my own culture. Created as a homemade version of what I imagine an Eastern-Bloc sitcom from the 1960s may have looked and sounded like, the HOTEL TITO has been dubbed into French by soliciting the participation of another group of people from the art milieu in Quebec City, who animate and interpret the amateur theatre presented in the video.

Accompanied by a related project entitled THESE PAINTINGS, the exhibition is further constituted by a set of what I call « false » abstract paintings, all claimed to be portraits of Tito (the alternately visionary architect of socialism and ruthless Yugoslav dictator from years 1945-1982). It is often said that Modernism was born from catastrophe, war most particularly. Unlike the Soviet Union, where abstraction was illegal, in post-war Yugoslavia in the 50s and 60s, it was simply not a state recognized form (the dominant form was social realism). Nonetheless, unofficially it was « unsupported » in ways that were detrimental to the lives of artists who pushed at those boundaries. There are documented instances which suggest that police intimidation, allegations of mental instability and incompentance were used by various officials to destabilize and denounce its practioners. I want to put into register questions about what abstraction in Yugoslavia meant since it was seen there as a determined political statement.

Born in Novi Sad (Serbia) and lives in Montréal (Québec) since 2005, Milutin Gubash has mounted exhibitions in Québec, Canada, the United States, and Europe, including recent solo shows in Montréal at the Musée d’art contemporain de Montréal (“LOTS”, 2007), and Optica (“Born Rich, Getting Poorer”, 2009), Galerie 3015 in Paris and RLBQ in Marseille (“Which Way to the Bastille?”, 2008). His practice encompasses photography, video, and performance, and regularly features the participation of his family and friends, who portray versions of themselves in Gubash’s Do-It-Yourself sitcoms, soap operas, family photos, and improv theatre pieces. Using simple means and often comical gestures, conventional domestic, social and professional roles are mixed-up and up-ended, as we are invited to follow the artist in reconsidering assumptions about our own identities and environments.
http://www.milutingubash.com

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