mardi 17 mars 2009

Bruno Santerre


Bruno Santerre
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Récemment, je suis allé vivre et travailler dans la lumière de deux artistes qui ont, comme moi, utilisé la lumière dans leurs recherches. J’ai donc déplacé mon atelier sur les lieux où ont vécu Brancusi et Vermeer. J’ai réalisé dans, ou autour des ateliers de ces artistes, une série de photographies qui sont devenues le point de départ d’un projet d’édition. Durant ce deuxième séjour au Centre SAGAMIE, je souhaite compléter un livre d’artiste qui témoignera, entre autres, des observations, réflexions et expérimentations menées au cours de mon voyage. On retrouvera dans ce livre, en plus d’un bref retour sur un cycle de trois expositions récentes, un projet photographique inédit, L’Atelier en déplacement, ainsi qu’une série de photographies de l’intérieur de mon atelier et des objets qui l’habitent, L’Atelier en retrait. Des essais de deux auteurs, Laurier Lacroix et Pierre Rannou, complèteront l’ouvrage. Je profiterai également de cette résidence pour travailler sur une série d'images de grand format, issues du même projet photographique et destinées à mes deux prochaines expositions, au Centre national d’exposition de Jonquière (26 avril - 28 juin 2009) et au Centre d’artiste Vaste et Vague, à Carleton (6 - 27 juin 2009).

Bruno Santerre vit et travaille à Rimouski (Québec). Parmi ses expositions individuelles récentes, notons Dans la lumière de l’atelier (nuages et ombres blanches), chez Circa, Montréal (2007); Dans la lumière de l’atelier, tracer le rebord des nuages, chez Plein sud, Longueuil (2006); Dans l'atelier de Palomar, chez Occurrence, Montréal (2004); Voir, savoir et croire, (avec Laurie Walker) au Musée régional de Rimouski (1997). Depuis 1982, il a participé à de nombreuses expositions collectives en France et au Canada et il a été reçu comme artiste en résidence à la Villa Arson, Nice (France) et au Centro internazionale di sperimentationi artistiche à Boissano (Italie). Récipiendaire en 2008 du Prix à la création artistique (région Bas-Saint-Laurent) du Conseil des arts et des lettres du Québec, Bruno Santerre a réalisé plusieurs œuvres d'intégration à l'architecture au Québec. Ses œuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées au Canada.

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Recently, I went to live and work "in the light" of two artists who, like me, have light in their artistic research. I therefore “moved” my studio to the locations where Brancusi and Vermeer lived. In and around these artists' studios, I made a series of photographs that became the point of departure for a publishing project. During this second stay at the SAGAMIE Centre, I wish to complete an artist's book that records, among other things, the observations, reflections, and experiments undertaken during my trip. The book will contain a brief overview of a cycle of three recent exhibitions, a new photographic project, L’Atelier en déplacement (Studio in Motion), and a series of photographs of the inside of my studio and the objects in it, L’Atelier en retrait (Studio in Retreat), as well as essays by Laurier Lacroix and Pierre Rannou. I will also take advantage of this residency to work on a serie of large-format images from the same photographic project to be used in my next two exhibitions, at the Centre national d’exposition de Jonquière (26 April-28 June 2009) and the Centre d’artiste Vaste et Vague, in Carleton (6-27 June 2009).

Bruno Santerre lives and works in Rimouski, Quebec. His recent solo exhibitions include Dans la lumière de l’atelier (nuages et ombres blanches), at Circa, Montreal (2007); Dans la lumière de l’atelier, tracer le rebord des nuages, at Plein sud, Longueuil (2006); Dans l'atelier de Palomar, at Occurrence, Montreal (2004); and Voir, savoir et croire (with Laurie Walker) at the Musée régional de Rimouski (1997). Since 1982, Santerre has participated in many group exhibitions in France et au Canada, and he has been artist in residence at Villa Arson, Nice, France, and the Centro internazionale di sperimentationi artistiche in Boissano, Italy. In 2008, Santerre received the Prix à la création artistique (Bas-Saint-Laurent region) from the Conseil des arts et des lettres du Québec, and he has produced a number of artworks integrated with architecture in Quebec. His works are in numerous public and private collections in Canada.

mardi 10 mars 2009

Sylvaine Chassay

Machines à rêver 01 : À quoi la banlieue rêve-t-elle ? (éléments de l'installation), 2007

Sylvaine Chassay
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Mon travail artistique questionne les nouvelles formes de communication, les relations entre individus et les rapports identitaires. Ces préoccupations m’ont longtemps fait adopter une démarche proche de l’anthropologie, ancrant le sujet à même le contexte d’intervention, dans ses caractéristiques géographiques, historiques et socio-culturelles. Aujourd’hui, la rencontre et l’échange constituent les points de départ de l’œuvre et déterminent les orientations qu’elle va prendre. Je développe actuellement un dispositif interactif composé de trames fictionnelles créées à partir de mes rencontres avec des internautes sur les réseaux sociaux du Web. Entremêlant la fiction et la réalité, les images et les bandes sonores de cette installation low tech associeront des éléments glanés sur le Web, mis en ligne par les internautes ou produits par mes soins. Le spectateur sera invité à déambuler parmi ces univers et, éventuellement, à en influer le cours.

Sylvaine Chassay vit et travaille à Montréal. Elle développe depuis plus de 15 ans un art relationnel, interactif et social inspiré des nouvelles technologies et de leur esthétique. Détentrice d’un baccalauréat en arts visuels (UQAM) et d’un DEA Hypermédia (Université Paris 8), son travail a été présenté dans plusieurs pays, dont l’Angleterre, la France, le Canada et le Japon. Elle est présidente du centre d’artistes Praxis art actuel à Sainte-Thérèse. Lors de sa résidence au Centre SAGAMIE, elle effectuera des recherches en lien avec sa prochaine installation qui sera présentée en 2010 au Musée d’art contemporain des Laurentides.

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In my artwork, I investigate new forms of communication, relations among individuals, and identitary relationships. For a long time, these concerns have led me to adopt an approach resembling anthropology, anchoring the subject within the context of intervention in its geographic, historical, and socio-cultural characteristics. Today, encounter and exchange constitute points of departure for my work and determine its orientations. I am currently developing an interactive installation composed of fictional frameworks created from my encounters with Internet users on Web social networks. Intermingling fiction and reality, the images and soundtracks in this low-tech installation will bring together elements gleaned from the Web, put on line by Internet users or produced by me. The viewer will be invited to stroll through this world and, eventually, to influence its course.

Sylvaine Chassay lives and works in Montreal. For more than 15 years, she has been developing relational, interactive, social artworks inspired by new technologies and their aesthetic. She holds a bachelor's degree in visual arts (UQAM) and a DEA Hypermedia (Université Paris 8), and her work has been presented in a number of countries, including England, France, Canada, and Japan. She is president of the Praxis art actuel artist-run centre in Sainte-Thérèse. During her residency at Sagamie, she will conduct research related to her next installation, to be presented in 2010 at the Musée d’art contemporain des Laurentides.

mercredi 4 mars 2009

Martin Beauregard


Martin Beauregard
Artiste en résidence * Artist in Residence

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L’artiste s’interroge sur les imbrications possibles entre le récit factuel et le récit de fiction. Les propositions formelles développées - vidéographiques et photographiques - explorent ce terrain où la fiction et le documentaire biographique se confondent. À titre d’exemple, Soapoperation (2005) est tirée d’un séjour dans un hôpital bordelais lors duquel il subit une intervention chirurgicale en mars 2004. Elle présente une scène tournée dans le bloc opératoire et un dialogue avec son amoureuse à son réveil de l’anesthésie, ces échanges sont romancés à la Soap opera, la vie se relâche à travers une image, un cliché, sur une trame fictionnelle à peine décalquée de la réalité. La vidéo Playing with deady Daddy, présente aussi ce travail du " vrai et du joué ", tournée lors des funérailles de son père - le 13 août 2003 - où parents se rassemblent, rendent hommage au défunt, le voient et le touchent pour la dernière fois. Il a répété ce contact avec son père défunt posé dans son cercueil devant la caméra, comme on fait plusieurs prises d’une même scène au cinéma.

Dans le cadre du projet de résidence au Centre SAGAMIE, l'artiste réalisera une série de photographies qui confronte la figure mythique du cow-boy - produite par l’industrie cinématographique - à la vie modeste d’un vieil homme (son grand-père) âgé de quatre-vingt-huit ans. Le vieil homme est photographié dans un cimetière de voitures et un Ciné-parc abandonné.

Martin Beauregard vit et travaille à Montréal. Il est diplômé de l’École des Beaux-arts de Bordeaux en France (2004). Son travail a depuis été présenté dans une dizaine d’expositions individuelles au Canada et à l’étranger dont L’œil de poisson (Québec) Location One (New York), Tin Box (Bordeaux), et collectives dont au CAPC Musée des Beaux-Art de Bordeaux (Bordeaux), Luxe Gallery (New York), Asahi Art Square (Tokyo). Son travail figure dans la collection Prêts d'oeuvres d'art du Musée national des beaux-arts du Québec. Il est actuellement au doctorat à l’Université du Québec à Montréal et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à Paris.

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Martin Beauregard investigates the possible overlaps between factual stories and fictional stories. The formal propositions that he develops - videographic and photographic - explore the terrain where biographical fiction and documentary become confused. From example, Soapoperation (2005) is taken from a stay in a hospital in Bordeaux, where he had surgery in March 2004. It presents a scene shot on the operating table and a conversation with his lover when he awoke from anaesthesia in a romantic "soap opera" style; life is released through an image, a snapshot, a fictional plot traced almost on reality. The video Playing with Deady Daddy also presents "truth and play-acting," shot during his father's funeral - August 13, 2003 - where relatives gathered, paid tribute to the deceased, and saw and touched him for the last time. Beauregard rehearsed this contact with his deceased father lying in his coffin for the camera, as if he were performing repeated takes for a scene in a movie.

For his residency project at SAGAMIE Center, Beauregard will produce a series of photographs that contrast the mythic figure of the cowboy - produced by the movie industry - with the modest life of an 88-year-old man (his grandfather). The old man is photographed in a car junkyard and an abandoned drive-in.

Martin Beauregard lives and works Montréal. He is a graduate of the École des Beaux-arts de Bordeaux in France (2004). His work has been presented in solo exhibitions in Canada and abroad, including at L’œil de poisson (Quebec City), Location One (New York), and Tin Box (Bordeaux), and in group shows, including CAPC Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (Bordeaux), Luxe Gallery (New York), and Asahi Art Square (Tokyo). His work is in the art loan collection of the Musée national des beaux-arts du Québec. He is currently studying for his doctorate at the Université du Québec à Montréal and Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne in Paris.

mardi 24 février 2009

Pascal Dufaux

Pascal Dufaux
Artiste en résidence * Artist in Residence

Étreinte / Une nouvelle série de portraits Hyper panoptiques de Pascal Dufaux.

Ma pratique artistique a d’abord été la sculpture. J’ai toujours été impressionné par le phénomène de la présence du corps dans l’espace et par l’effet que produit son image sur le regard. Puisqu’à mes yeux le corps est plus qu’une simple figure à représenter mais d’abord un espace à arpenter, en 2005 j’ai entrepris un travail photographique qui explore la perception panoptique du corps humain. Pour cela, j’ai fabriqué une machine de prise de vue (la Machine PdVR_01) et développé une méthode qui consiste littéralement à faire le tour d’une personne, à en photographier centimètre par centimètre la circonférence corporelle, pour ensuite assembler la somme des clichés obtenus en une large mise à plat photographique panoramique. Dans ces portraits 360 ° déroulés je sonde l’étrangeté de l’autre en m’approchant de lui tel une terre inconnue. À l’aide de ce dispositif photographique rotatif, je me déplace autour du ou des modèles à la manière d’un cartographe afin de révéler l’étendue et la puissance visuelle du sujet humain.

Mon travail s’élabore dans une tension entre réalisme et formalisme. Je cherche à générer une lecture paradoxale des images, c’est-à-dire oscillant constamment entre un aspect de pur prélèvement documentaire et un aspect fortement pictural.

Au Centre SAGAMIE, je débute une nouvelle série de portraits hyper panoptiques que j’intitule ÉTREINTE. Ce projet consistera à photo-cartographier des pieds à la tête des personnes enlacées, liées dans l’expression d’un sentiment qui mêle ainsi leurs corps. Pour les besoins de cette captation, un nouveau dispositif de prise de vue sera fabriqué à l’été 2009, la Machine PdVR_02. Le projet bénéficie du soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Études en scénographie et en arts visuels, dans les années 90, conception de dispositifs scénographiques sonores pour de nombreux compositeurs. Artiste en résidence à la Christoph-Merian Stiftung (Bâle, Suisse, 1997) et à la Finnish Artists’Association (Helsinki, Finlande, 1998), il élabore depuis les années 2000 un travail installatif hybride entre la 2D et la 3D : le Projet Pléthore au Musée du vieux Palais (St Jérome, 2002), Des mesures dévastées à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal (Montréal, 2003), Phénomènes / formes intermédiaires aux Espacios de arte (Guanajuato, Mexique, 2003). En 2005, il réalise la mono-bande vidéo Substance verte au Laboratoire nouveaux médias d’OBORO à Montréal. Il a conçu la scénographie de l’opéra Alternate Visions produit par la compagnie Chants Libres (Montréal, 2007). Il expose les installations photographiques Autour de vous et Alzheimer au centre VU à Québec et à la Galerie Joyce Yahouda à Montréal (2007), et à l’Alternator Gallery à Kelowna B.C. (2009). Radiant ou L’origine du regard fût exposé à OBORO en 2008. Il présentera l’installation vidéo cinétique Irradiant au festival Temps d’images à Montréal en février 2009. Son travail est représenté par la Galerie Joyce Yahouda à Montréal.

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Étreinte (Embrace) / A new series of hyper-panoptic portraits by Pascal Dufaux

My first artistic practice was sculpture. I was always impressed by the phenomenon of the presence of the body in space and by the effect that its image produces on the gaze. Since I feel that the body is more than a simple figure to portray but, above all, a space to be surveyed, in 2005 I undertook a photographic project that explores the panoptic perception of the human body. To do this, I made a picture-taking apparatus (the Machine PdVR_01) and developed a method that consists literally of going around a person, photographing his or her body circumference centimetre by centimetre, and then assembling the sum of the pictures taken in a large two-dimensional photographic panorama. In these 360° unfolded portraits I probe the strangeness of the other by approaching it as an unknown land. Using this rotational photographic mechanism, I move around the models as a cartographer would, in order to reveal the visual extent and mightiness of the human subject.

My work takes place in a tension between realism and formalism. I endeavour to generate a paradoxical reading of images - that is, a reading that constantly oscillates between an aspect of pure documentary recording and a strongly pictorial aspect.

At the SAGAMIE Centre, I am beginning a new series of hyper-panoptic portraits titled Embrace. This project will consist of photo-mapping, from foot to head, people intertwined, connected in the expression of an emotion that mixes their bodies together. To capture this series, I will build a new picture-taking mechanism, the Machine PdVR_02, in the summer of 2009. The project benefits from the financial support of the Conseil des arts et des lettres du Québec.

Studied set design and visual arts. In the 1990s, designed audio set mechanisms for many composers. Artist in residence at the Christoph-Merian Stiftung (Bale, Switzerland, 1997) and the Finnish Artists' Association (Helsinki, Finland, 1998). Since the 2000s, he has been working on hybrid installations between 2D and 3D: Projet Pléthore at the Musée du vieux Palais (Saint-Jérôme, 2002), Des mesures dévastées at the Maison de la culture Plateau-Mont-Royal (Montreal, 2003), Phénomènes/formes intermédiaire at Espacios de arte (Guanajuato, Mexico, 2003). In 2005, he made the single-band video Substance verte at OBORO'S Laboratoire nouveaux médias in Montreal. He designed the set of the opera Alternate Visions produced by Chants Libres (Montreal, 2007). His photographic installations Autour de vous and Alzheimer were shown at Centre VU in Quebec City and at Galerie Joyce Yahouda in Montreal (2007), and at the Alternator Gallery in Kelowna, B.C. (2009). Radiant ou L’origine du regard was shown at OBORO in 2008. He will present the kinetic video installation Irradiant at the Temps d’images festival in Montreal in February 2009. He is represented by Galerie Joyce Yahouda in Montreal.

vendredi 20 février 2009

Exposition Carl Bouchard

CARL BOUCHARD
mille excuses So Sorry
l’affable / dramatisation the affable / dramatization


VERNISSAGE jeudi 26 février à 17h00 * Opening thursday, February 26, 5:00 p.m.
EXPOSITION du 26 février au 3 avril 2009 * Exhibition February 26 - April 3, 2009

Lancement du livre par défaut, Texte de Martin Dufrasne
Book Launch By Default, Essay by Martin Dufrasne

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L’emprise du sensible sur la raison
Dans sa pratique artistique, Carl Bouchard fait preuve d’un agacement et d’une cruauté face à l’apathie, secoue les indifférences en privilégiant les sujets liés au réel, au corps et aux récits individuels, pour situer l’art dans une relation directe au quotidien du spectateur. Il compte ainsi nous amener là où nous ne souhaitons pas aller et susciter chez nous une saine riposte intellectuelle. Comme certains artistes de sa génération qui réagissent à la chute des utopies et aspirent au réenchantement du monde, il revisite la dimension du psychologique et de l’affectivité, qui ont été longtemps déniées dans les pratiques d’art visuel. Fort de la conviction que, au-delà de son caractère confidentiel, une expérience personnelle physique ou psychique peut avoir une résonance partageable -voir universelle- chez le spectateur, il met à contribution le dévoilement de la sphère de l’intimité -la sienne et, par extension, celle de chaque visiteur. L’objectif principal ne semble pas prioritairement de questionner, d’informer ou d’initier le public mais bien davantage de le remuer et de le toucher.

Se laisser pénétrer
Nous le savons, perdre son innocence consiste soit à se retrouver démuni de sa naïveté, soit à être démasqué et reconnu coupable d’un méfait. Je crois que la motivation profonde de l’entreprise artistique de Carl Bouchard peut se résumer par l’idée d’arriver à perdre, conjointement, notre innocence par le biais des œuvres.

Extrait du texte : La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard est né à Ville de la Baie (Québec). Depuis le début des années 1990, il a présenté plusieurs expositions personnelles et collectives au Québec, au Canada et en France. Soulignons non seulement l’investissement de cet artiste pluridisciplinaire dans la spectaculaire installation Les pleureuses -oublier par don-, présentée à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier lors de la première édition de la Manif d’art de Québec (2000), mais aussi son engagement et son audace dans Jouer au docteur / Be a specialist présenté au Lieu, centre en art actuel, à Québec (2004), ainsi que l’affable / dramatisation présenté à L’écart, Lieu d’art actuel, à Rouyn-Noranda (2008). Il a réalisé huit projets d’art public et ses œuvres font partie de nombreuses collections muséales, institutionnelles et particulières au Québec. Il est président et membre fondateur du centre d’artistes Le Lobe à Chicoutimi (1993) et membre fondateur des Ateliers d’artistes TOUTTOUT à Chicoutimi (1997). À partir de 1998, il développe en parallèle avec sa pratique individuelle des projets conjoints interdisciplinaires avec l’artiste Martin Dufrasne. Photographies, installations et performances ont été présentées dans une vingtaine d’expositions et événements spéciaux au Québec, en Ontario, en France, en Colombie et au Pays de Galles.

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The grip of sensibility on reason
In his artistic practice, Carl Bouchard manifests his irritation and cruelty with regard to apathy; he shakes up indifference by privileging subjects linked to the real, to the body, and to individual stories to situate art in a direct relationship with the viewer’s everyday life. He thus intends to take us where we do not wish to go and provoke us into a healthy intellectual riposte. Like certain artists of his generation who react to the fall of utopias and aspire to re-enchant the world, he revisits the psychological and emotional dimensions that were long denied in visual-arts practices. He has the strong conviction that beyond its confidential nature, a personal physical or psychic experience may create a sharable - even universal - resonance in the viewer; he does this by unveiling the sphere of intimacy - his own and, by extension, that of each visitor. The principal objective does not seem to be to question, inform, or initiate the public but, rather, to bestir and touch people.

Letting oneself be penetrated
As we know, losing one’s innocence consists of either being stripped of one’s naïveté or being unmasked and found guilty of a bad deed. I believe that the profound motivation of Bouchard’s artistic undertaking may be summarized by the idea that we come to lose our innocence, together, through these works.

Excerpt: La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard was born in Ville de la Baie, Quebec. Since the early 1990s, his work has been presented in a number of solo and group exhibitions in Canada and France. As a pluridisciplinary artist, he has produced the spectacular installation Les pleureuses -oublier par don-, presented at the Notre-Dame-de-Jacques-Cartier Church during the first edition of La Manif d’art in Quebec City (2000), and the committed and audacious Jouer au docteur / Be a specialist presented at Le Lieu, centre en art actuel, in Quebec City (2004) and l’affable / dramatisation presented at L’écart, Lieu d’art actuel, in Rouyn-Noranda (2008). He has also produced eight public art projects and his works are in many museum, institutional, and private collections in Quebec. He is president and founding member of Le Lobe and fouding member of Les Ateliers d’artistes TOUTTOUT in Chicoutimi (1997). In 1998, he began to develop, in parallel with his individual practice, joint interdisciplinary projects with the artist Martin Dufrasne. Photographs, installations, and performances were presented in 20 exhibitions and special events in Quebec, Ontario, France, Colombia, and Wales.

jeudi 12 février 2009

Hélène Lord


Hélène Lord
Artiste en résidence * Artist in Residence

À travers l’objet familier, j’essaie de retracer les moments fugaces de la vie quotidienne. Détournés de leur fonction utilitaire, témoins silencieux de notre vie journalière, ces petits vestiges sont des lieux de reconnaissance qui imprègnent notre mémoire et que l’imaginaire avive et métamorphose.

Ma pratique est hybride, tend vers l’installation et ses ramifications. Ma démarche créatrice se nourrit de l’interaction entre le dessin et la sculpture, transgresse les limites formelles de ces disciplines. Mes méthodes de travail procèdent de l’assemblage par la mise en relation du sujet et de l’objet à travers la mémoire. Le sens qui en résulte est perceptible dans la sensibilité du détail dont l’observation révèle un univers fragile et fragmenté. Depuis quelque temps j’explore ces disciplines à travers la photographie qui sert d’appui et de support à mon travail.

Hélène Lord vit et travail à Montréal. Elle détient une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle a présenté son travail dans de nombreuses expositions individuelles et collectives notamment à Montréal au centre d’exposition Circa, à la galerie B-312, au centre des arts actuels Skol, à l’Œil de poisson (Québec), Axe NO-7 (Gatineau), Vaste et Vague (Carleton) à la galerie Karsh-Masson (Ottawa), à la galerie du Nouvel-Ontario (Sudbury), à la galerie K.A.A.I (Kingston). En 2001, elle participait à la Biennale de l’Estampe et du papier du Québec à Alma. Son travail a fait l’objet d’une résidence au Banff Centre en 2006 et, plus récemment en 2008 à Belém au Brésil (Échanges d’artistes et d’ateliers Québec - Brésil du Conseil des arts et des lettres du Québec).

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The elliptical shape of the fragment allows me to reflect on the identity, precariousness, and alterity of human life. This reflection is integrated into my creative process, in which I explore the metaphoric potentialities of found materials and objects. Coming from the environment around us, marked by time, bearing images, these small vestiges of daily life speak to me because they are like parts of ourselves that we try to reintegrate into our reality to fill the cracks.

Subjected to the instability of things, my drawings, sculptures, and installations are fragile structures, precariously balanced and often ephemeral. Currently, I am making assemblages of drawings and objects and photographing them. During this residency at the SAGAMIE Centre, these photographic essays will be transformed through digital image processing.

Hélène Lord lives and works in Montreal. She holds a master's degree in visual art from the Université du Québec à Montréal. Her work has been presented in numerous solo and group exhibitions, including in Montreal at the Centre d’exposition Circa, Galerie B-312, and Centre de arts actuels Skol, as well as at L’Œil de poisson (Qurbec City), Axe NÉO-7 (Gatineau), Galerie du Nouvel-Ontario (Sudbury), and the K.A.A.I (Kingston). In 2001, she participated in the Biennale de l’Estampe et du papier du Québec (Alma). She has had residencies at Centre EST NORD EST, in Saint-Jean-Port-Joli, in 1996 and at the Banff Centre in 2006.


lundi 2 février 2009

Sophie Jodoin

Sophie Jodoin
Artiste en résidence * Artist in Residence

Je travaille depuis 2003 exclusivement en noir et blanc et sur papier. Mon travail se concentre principalement sur la représentation de la figure humaine par le biais du dessin, peinture et photographie. Les sujets de mon travail - personnes de petite taille, vieillards, blessés - sont souvent difficiles et problématiques. Une idée de base devient le concept autour duquel une oeuvre sérielle s’élabore sur une période variant entre six mois et deux ans. Cette oeuvre est conçue comme un tout, un ensemble indivisible et présentée en tant qu’installation murale. J’y ai introduit récemment une composante vidéo. De cette combinaison émane un dialogue entre médiums traditionnels (dessin/peinture) et technologie (vidéo/animation/photographie manipulée).

Lors de ma résidence, je compte travailler sur Small Dramas and Little Nothings - une suite d’oeuvres articulée autour de plusieurs autres séries sur le thème de la guerre débutées il y a deux ans. Inspirée en partie d’images contemporaines extraites de l’internet et de magazines, de l’art graffiti et des silhouettes stylisées typiques de la bande dessinée, cette plus récente série de petits collages et de dessins remet en question le regard insensibilisé que pose aujourd’hui le spectateur à la fois sur le carnage de la guerre et sur les conséquences d’une violence domestique.

Sophie Jodoin vit et travaille à Montréal. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia à Montréal. Son travail a été présenté individuellement et collectivement dans plusieurs centres d'exposition, notamment à Philadelphie, Montréal, Prague, Miami, Chicago, New York et Londres. Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada, ses oeuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées. Elle est représentée par la Edward Day Gallery à Toronto et Newzones à Calgary.

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Since 2003, I have been working exclusively in black and white on paper. I concentrate mainly on the portrayal of the human figure through drawing, painting, and photography. The subjects of my work - little people, the elderly, the wounded - are often difficult and challenging. A basic idea becomes the concept around which a series of works is built during a period of between six months and two years. This series is designed as a whole, an indivisible ensemble, presented as a wall installation. I recently introduced video components. From this combination emanates a dialogue between traditional media (drawing, painting) and technology (video, animation, manipulated photography).

During my residency, I plan to work on Small Dramas and Little Nothings, a series of works articulated around several other series on the theme of war that I began two years ago. Inspired in part by contemporary images drawn from the Internet and magazines, in part by graffiti art and the stylized silhouettes typical of comics, this most recent series of small collages and drawings calls into question the desensitized eye that today’s viewer casts at both the carnage of war and the consequences of domestic violence.

Sophie Jodoin lives and works in Montreal. She holds a bachelor’s degree in visual arts from Concordia University in Montreal. Her work has been presented in individual and group shows in Canada and abroad, including Philadelphia, Montreal, Prague, Miami, Chicago, New York, and London. Her works are in a number of public and private collections. She is represented by the Edward Day Gallery in Toronto and Newzones in Calgary.

mardi 27 janvier 2009

Marie-Hélène Leblanc et Ève Breton Roy

Marie-Hélène Leblanc et Ève Breton Roy
Artiste en résidence * Artist in Residence

Marie-Hélène Leblanc

J’ai le désir d’habiter. Habiter, c’est à mon sens être en relation, se sentir lié à un espace en rapport à d’autres occupants. C’est également remettre constamment en question notre position et cela révèle notre façon d’être dans le monde. Mon intérêt pour la construction architecturale vient évidemment de cette volonté d’habiter et de réfléchir sur l’habiter. En ce sens Heidegger nomme bien ceci : « Bâtir est, dans son être, faire habiter. Réaliser l’être du bâtir, c’est édifier des lieux par l’assemblement de leurs espaces. C’est seulement quand nous pouvons habiter que nous pouvons bâtir.» J’ai le sentiment que pour habiter il faut aussi savoir quitter, vivre en nomade pour me sentir chez moi après l’expérience d’un ailleurs. Vivre dans le transitoire, dans l’état de chantier permanent, interrompu, ou plutôt en attente. Habiter, c’est davantage se situer que s’établir. Changer de territoire. Mon travail prend forme dans l’installation, mais la réalisation d’un livre d’artiste accompagne souvent celui-ci.

Originaire de la Gaspésie, Marie-Hélène Leblanc vit et travaille à Gatineau. Elle s’intéresse à l’architecture, à l’habitation temporaire, aux proches et au lointain. Elle détient une maîtrise en art à l’Université du Québec à Chicoutimi. Marie-Hélène Leblanc est actuellement directrice artistique du centre d’artistes Daïmõn situé à Gatineau, un centre de production en photo, vidéo et nouveaux medias. De 2006 à 2008, elle occupait le poste de directrice générale du centre d’artistes Espace Virtuel à Chicoutimi. Elle a participé en tant que commissaire et/ou artiste à une dizaine d’expositions au Québec et en France. Ses derniers projets ont été présentés à Toqué Rouge (Jouquière) en 2007, à la galerie Séquence (Chicoutimi) en 2005, à l’Oeuvre de l’Autre (Chicoutimi) en 2005 et à la galerie Adeas (Strasbourg, France) en 2004.

Ève Breton Roy


Mon travail prend forme à travers l’objet du livre. L’objet du livre comme un organisme vivant, comme une unité de compréhension. Il utilise ses mécanismes, ses fonctionnements : strates, superposition, relation contenant contenu. Je tente de redéfinir ce qui nous entoure, d’inclure le sujet à la définition à travers l’objet du livre. Ce dernier est le moteur idéal puisqu’il permet, par son tirage, d’atteindre un grand nombre de gens, mais qu’il entretient avec chacun d’eux une relation intime et personnelle par la manipulation qu’il impose. C’est donc à travers une exploration de sa forme que je tente de définir certains concepts, amenant ainsi le livre à devenir ce concept et le spectateur à se l’approprier à travers sa lecture.

Eve Breton Roy vit et travaille à L’Anse-Saint-Jean où elle dirige Terrain vague inc., à la fois maison d’édition de livres d’artistes et atelier de reliure artisanale. Elle détient une maîtrise en arts visuels à l’Université du Québec à Chicoutimi où elle a questionné l’objet du livre et ses caractéristiques formelles comme matérialisation de la pensée. Elle présentait en octobre 2007 Campagne de salissage, sa première exposition solo au centre d’artistes Espace Virtuel à Chicoutimi. Le langage du livre ainsi que celui de la science se transforme en code, en système compréhensible par tout un chacun, glissant vers un mouvement subjectif. Elle utilise la répétition pour détourner le sens, le retourner sur lui-même et produire des séries de série, des petites installations proches de l’absurde. C’est à travers cette exploration que prend forme une répétition de l’objet, les oeuvres devenant ainsi des installations livresques.

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Marie-Hélène Leblanc

I have the desire to inhabit. In my sense, to inhabit means to be in relation to, to feel connected to a space in relation to other occupants. It is also to constantly question our position, and this reveals our way of being in the world. My interest in architectural structures obviously comes from this desire to inhabit and reflect on inhabiting. In this sense, Heidegger defines it well: "Building is, in its soul, to make inhabit. Realizing the soul of building is to edify places by assembling their spaces. It is only when we are able to inhabit that we may build." I have the feeling that to inhabit we must also know how to leave, living nomadically to feel at home after experiencing a somewhere else. Living in the transitory, in the state of permanent construction site, interrupted - or, rather, in waiting. Inhabiting is more to situate oneself without settling in. Changing territory. My work takes form in installations and books.

Marie-Hélène Leblanc lives and works in Gatineau. She is interested in architecture, temporary habitations, in proximity and distance. She holds a master's degree in art from the Université du Québec à Chicoutimi. She is currently artistic director of Daïmôn, a production artist-run centre in media art and photography. She has been curator of and/or artist in ten exhibitions in Quebec and France. Her most recent projects were presented at Toqué Rouge (Jouquière) in 2007, at Galerie Séquence (Chicoutimi) in 2005, at Oeuvre de l’Autre (Chicoutimi) in 2005, and at Galerie Adeas (Strasbourg, France) en 2004.


Ève Breton Roy

My work takes the form through the book as object: the book object as living organism, as unit of comprehension. I use its mechanisms and functions: strata, superimposition, relationship between container and content. I try to redefine what surrounds us, to include the subject in definition through the book object, which is the ideal motive force as it reaches a large number of people thanks to mass production but maintains an intimate and personal relationship with each individual because of the need to handle it. By exploring its form, I attempt to define certain concepts, thus transforming the book into these concepts, which the viewer may appropriate by reading it.

Eve Breton Roy lives and works in Anse-Saint-Jean, where she is director of Terrain vague inc., which is both a publisher of artist's books and a workshop for handmade bindings. She holds a master's degree in art from the Université du Québec à Chicoutimi, in which she investigates the book as object and its formal characteristics as a materialization of thought. In October 2007, she presented Campagne de salissage, her first solo exhibition, at the Espace Virtuel artist-run centre in Chicoutimi. The languages of the book and of science are transformed into a code, a system comprehensible to everyone, sliding toward a subjective motion. She uses repetition to divert meaning, turn it in on itself, and produce series of series, small installations that approach the absurd. It is through this exploration that a repetition of the object takes shape, the works thus becoming book-like installations.

mercredi 21 janvier 2009

Bruno Santerre


Bruno Santerre
Artiste en résidence * Artist in Residence

Au cours des dernières années, ma pratique artistique s'est articulée principalement autour d'un questionnement sur la perception du visible et sur les limites des procédés de représentation de l’art et de la science. Les pièces produites au cours de cette période étaient présentées sous forme d’installations qui rappelaient le Studiolo de la Renaissance et, simultanément, l’atelier d’artiste. De l'atelier-studiolo, je suis passé à l'atelier-observatoire, lieu d’observation et d'expérimentation des états transitoires du réel. J’y combine objets, dessins muraux, reflets lumineux et photographies. Mes travaux sont inspirés par certains modèles de représentation astronomiques ainsi que par des tentatives de représentation des nuages expérimentées en dessin et en photographie.

Plus récemment, mon intérêt pour l’atelier m’a amené à considérer ce lieu comme une chambre de vision (ou camera lucida) où la lumière pénètre par les fenêtres et révèle les objets par leurs reflets projetés au mur. Aussi, les composantes physiques de l’atelier lui-même (puits de lumière, fenêtres et murs) s’imposent comme des données de plus en plus importantes dans mes recherches plastiques. Cet espace de travail, fixe ou en déplacement, devient lui-même un objet sous l’influence des effets de la lumière, dépendant qu’il est des phénomènes qui l’entourent (l’intensité ou la qualité de la lumière, le passage des nuages...). J’en suis donc maintenant arrivé à créer des lieux où l’objet et le signe se fondent un dans l’autre, où l’intérieur et l’extérieur se mélangent par transparence, où l’atelier et la salle d’exposition se superposent, tous liés entre eux par la lumière qui les traverse.

Bruno Santerre vit et travaille à Rimouski (Québec). Parmi ses expositions individuelles récentes, notons Dans la lumière de l’atelier (nuages et ombres blanches), chez Circa, Montréal (2007), Dans la lumière de l’atelier, tracer le rebord des nuages, chez Plein sud, Longueuil (2006), Dans l'atelier de Palomar, chez Occurrence, Montréal (2004), Voir, savoir et croire, (avec Laurie Walker) au Musée régional de Rimouski (1997). Depuis 1982, il a participé à de nombreuses expositions collectives notamment, en France, à la Galerie Calibre 33 et à la Villa Arson (Nice), à la Librairie du Québec (Paris), à l'Université de Metz, à l'École des Beaux-Arts de Nancy et, au Canada, à la Galerie Sans Nom (Moncton), à la Pitt International Gallery (Vancouver), au Musée national des Beaux-arts du Québec, au Musée d'art de Joliette, au Musée régional de Rimouski, à la Galerie Trois Points, chez Skol et Circa (Montréal). Il a été reçu comme artiste en résidence à la Villa Arson, Nice (France) et au Centro internazionale di sperimentationi artistiche à Boissano (Italie). Ses œuvres ont accompagné des recueils de poésie de Paul Chanel Malenfant et d’André Gervais aux Éditions du Noroît et il a réalisé un livre d'artiste avec André Gervais, publié aux Éditions Roselin. Récipiendaire en 2008 du Prix à la création artistique (région Bas-Saint-Laurent) du Conseil des arts et des lettres du Québec, Bruno Santerre a réalisé plusieurs œuvres d'intégration à l'architecture au Québec. Il a participé à la Biennale nationale de sculpture contemporaine à Trois-Rivières (2004) et au Symposium international d'art in situ Lumières, réflexion de l'insondable, au Musée régional de Rimouski (2003). Ses œuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées au Canada.

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Bruno Santerre

In recent years, my main artistic focus has been an exploration of the perception of the visible and the borders between representative processes in art and science. The pieces produced during this period were presented as installations that were reminiscent of the Renaissance Studiolo and, simultaneously, the artist's studio. From the studio-studiolo, I moved on to the studio-observatory, site of observation of and experimentation with transitory states of reality. In this body of work, I combine objects, drawings, murals, light reflections, and photographs. My works are inspired by certain models of astronomical representation and by experiments with portraying clouds in drawing and photography.

Bruno Santerre lives and works in Rimouski, Quebec. Among his recent solo exhibitions are Dans la lumière de l'atelier (nuages et ombres blanches), at Circa, Montreal (2007), Dans la lumière de l'atelier, tracer le rebord des nuages, at Plein sud, Longueuil (2006); Dans l'atelier de Palomar, at Occurrence, Montréal (2004); and Voir, savoir et croire (with Laurie Walker), at the Musée régional de Rimouski (1997). Since 1982, Santerre has had works in numerous group exhibitions in France and Canada, and he has been artist in residence at Villa Arson in Nice, France, and at the Centro internazionale di sperimentationi artistiche in Boissano, Italy. Santerre received the 2008 Prix à la création artistique (Bas-Saint-Laurent region) from the Conseil des arts et des lettres du Québec. He has produced a number of pieces integrated with architecture in Quebec, and his works are in a number of public and private collections in Canada.

mardi 13 janvier 2009

Judith Bellavance


Judith Bellavance
Artiste en résidence * Artist in Residence

Le parti pris du point de vue

« À partir d’objets investis, sublimés et magnifiés par la photographie, je crée une distance entre le réel et ce que l’on en perçoit, puis j’utilise cet espace interstitiel pour générer des univers émotionnels me permettant d’aborder la subjectivité des points de vue. »

Depuis une vingtaine d’années, je pratique une peinture que nous pourrions qualifier d’abstraite (acrylique sur bois). En parallèle à ma pratique picturale, j’ai développé, une pratique photographique qui me permet d’aborder autrement la fascination qu’exercent sur moi les objets et le plaisir de les détourner de leur sens. Avec les possibilités que m’offrent le médium photographique et l’impression numérique de grand format dans mon processus de recherche, je peux insister sur les moyens de manipuler et de privilégier des points de vue sur ces objets pour en faire le sujet de l’œuvre.

Je collectionne les objets, des « objets-matériaux » (bouchons, noyaux, mousses, découpures, icônes, breloques, etc.). Marqués, maculés, altérés, ils constituent mon territoire de recherches photographiques. Peu encline à compromettre leur nature déjà chargée d’histoire et de qualités visuelles, je préfère les appréhender comme des artefacts inaltérables : je me les approprie tels qu’ils sont, fascinée par leur singularité et le pouvoir évocateur que chacun d’eux possède.

Dans la pratique, je multiplie les prises de vue en atelier jusqu’à ce que j’obtienne une exacerbation significative de leur nature et du sens dont je veux les charger : celui d’appeler et de contenir nos émotions réelles ou fictives. Utilisés comme métaphores des conjonctures intérieures, comme lieux d’investigation de l’intime, je détourne mes “objets-matériaux” de leur contexte narratif par mon système de prise de vue macroscopique, par l’usage de l’extrême proximité et de la distance intime.

Et en modifiant la luminosité, en éliminant le relief et la texture au moyen du flou - du hors foyer - je cherche à créer une distance entre le réel et sa perception pour mettre en scène une expérience particulière de l’intime. Ces éléments collectionnés, et a priori sans valeur, prennent ainsi toute leur importance pour moi: ils se révèlent “autres” dans leurs apparences sublimées, ils deviennent le lieu de l’émotion me permettant de faire de la subjectivité du point de vue, le sujet de l’œuvre.

Investis, sublimés, magnifiés, mes «objets-matériaux» sont transformés ainsi en éventuelles « reliques ».

Née à Rimouski, Judith Bellavance vit et travaille à Montréal depuis 1989. Elle a fait des études à l’Université Laval à Québec et à l’Université du Québec à Montréal. Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada, ses oeuvres ont été présentées au Québec, au Portugal, en Espagne et au Japon. Elles font partie de diverses collections.

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Judith Bellavance

Taking the side of the point of view

"Starting from objects that are invested, sublimated, and magnified by photography, I create a distance between the real and what we perceive of it, then I use this interstitial space to generate emotional worlds that enable me to address the subjectivity of points of view."

For some twenty years, my painting practice has been what one could call abstract (acrylic on wood). In parallel, I have developed a photographic practice that enables me to take a different approach to the fascination that I have with objects and the pleasure of diverting them from their meaning. With the possibilities offered by the photographic medium and large-format digital printing in my research process, I can emphasize the means of manipulating and highlighting the points of view of these objects to make them the subject of the work.

I collect objects: "object-materials" (corks, seeds, mosses, cut-outs, icons, bracelet charms, etc.). Marked, stained, altered, they constitute my territory for photographic research. I am not inclined to compromise their nature, already full of history and visual qualities, so I prefer to apprehend them as unalterable artefacts: fascinated by their uniqueness and the evocative power that each possesses, I appropriate them as they are.

In practice, I take many pictures in the studio until I obtain a significant exacerbation of their nature and of the meaning with which I want to endow them: that of calling upon and containing our real or fictive emotions. Using my "object-materials" as metaphors for inner situations, as sites of investigation of the private, I divert them from their narrative context by my system of macroscopic pictures, through the use of extreme proximity and intimate distance.

By modifying their luminosity and eliminating relief and texture through blurring - out of focus - I seek to create a distance between reality and its perception to feature a particular experience of the intimate. These collected components, which have no value a priori, thus become important to me; they reveal themselves as "other" in their sublimated appearance, they become the site of the emotion that enables me to make the point of view subjective, the subject of the work.

Invested, sublimated, magnified, my "object-materials" are thus transformed into future "relics."

Judith Bellavance, born in Rimouski, has lived and worked in Montreal since 1989. She studied at Université Laval in Quebec City and at the Université du Québec à Montréal. Her works have been presented in Quebec, Portugal, Spain, and Japan, and are in various collections.

mardi 16 décembre 2008

Chih-Chien Wang


Chih-Chien Wang
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Jelly Project #2

Avec Jelly Project, je développe un support de documentation fictif fait de gelée. J’utiliserai cette substance afin d’approfondir la connaissance subjective de mon entourage.

Hypothèse du Jelly Project - redéfinir la gelée
Au cours de son processus de coagulation, la gelée retient la spécificité de l’instant et de l’espace, de l’univers qui l’entoure. Elle enregistre également les informations qui meublent le lieu, telle que la lumière réfléchie, le son, les parfums et même les émotions ambiantes. La gelée devient donc, en soi, une "super-documentation" qui capte des données dans une forme que personne n’est en mesure de décoder.

Un corps-machine
J’utilise la gelée pour archiver l’espace, le temps et les données invisibles. Simultanément, j’utilise également mon corps pour réagir à l’environnement immédiat. Mon corps est une autre machine qui traite les réactions. Ainsi, alors que la gelée se fige, j’écris, je photographie ou je filme la scène. Sans chercher à rivaliser avec la faculté mémorielle de la gelée, je note tout ce qui me traverse l’esprit : la couleur du mur, la lumière, la fenêtre, la conversation avec des amis, l’expérience, l’odeur. Je documente ce qui se déroule devant mes yeux.

Un corps collectif
En somme, Jelly Project se situe au point de rencontre entre le médium fictif, la photographie et la vidéo. J’incarne cet intermédiaire qui permet la connexion entre les amis, les appartements, les langues, la nourriture, le temps, l’espace et le dispositif lui-même. Ces éléments réunis constituent un corps collectif et éphémère qui rend compte de l’espace environnant.

Biographie
Né à Taiwan, Chih-Chien Wang vit et travaille à Montréal depuis 2002. Après l’obtention d’un baccalauréat en cinéma et en théâtre à Taipei en 1994, il a produit des documentaires pour diverses compagnies télévisuelles puis s'est établi au Canada où il a complété une maîtrise en photographie à l'Université Concordia en 2005. Comportant souvent des traces subtiles qui peuvent référer à des préoccupations personnelles, culturelles ou sociales, le travail de Wang négocie principalement avec le quotidien de l’artiste. Il manipule des objets de tous les jours, incluant des aliments, pour ensuite créer avec ceux-ci des images statiques ou animées. Ses œuvres ont été présentées dans des expositions personnelles et collectives entre autres à Optica, Artefact, Dare-Dare (Mois de la Photo à Montréal 2007), galerie Leonard et Bina Ellen, galerie Zenith (Beijing, 2008), Pierre-François Ouellette art contemporain (Montréal, 2008) et à la Triennale québécoise au Musée d’art contemporain de Montréal (2008).

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Chih-Chien Wang / Jelly Project #2

In Jelly Project, I am developing a fictional documentation carrier, jelly, and I will use jelly to pursue the subjective cognition of my surroundings.

Hypothesis of the Jelly Project - Redefining Jelly:
During the process of congealing, the jelly preserves the specific time and space, the universe which surrounds it. The jelly also records information existing in the space such as the reflected light, the sound, the scent and even the emotion which vibrates nearby. Therefore, the jelly itself becomes a super documentation; it records data in a form which people are not able to decode.

Body as a Machine
I use jelly to record the space, the time and the unseen data, and, simultaneously, I use my body to respond to the surroundings as well. My body is another machine which processes reaction; so, while the jelly is congealing, I write, I take pictures, or I video tape the scene. Not in competition with the jelly’s recording capacity, I write down anything in my mind: the colour of the wall, the light, the window, the conversation with friends, the trip, or the smell, and I document what is happening in front of my eyes.

A Collective Body
To summarize, the Jelly Project is where the fictional media meets photography and video. I am the medium connecting them: the friends, the apartments, the languages, the food, the time, the space and the media itself. All of these form a collective but temporary body to recognize the surroundings.

Bio:
Born in Taiwan, Chih-Chien Wang has been living in Montreal since 2002. He obtained a BFA in Theatre and Cinema in Taipei in 1994, and worked for several television companies producing documentaries before moving to Canada. He obtained an MFA in Studio Arts at Concordia University in 2005. Wang’s works frequently contain subtle traces which might refer to personal, cultural or social concerns while dealing primarily with his everyday experience. He manipulates quotidian objects, including foods, and then creates still or moving images of them. Wang’s recent solo and group exhibitions include at Optica, Artefact, Dare-Dare (Mois de la photo à Montréal 2007), Leonard and Bina Ellen Gallery, Zenith Gallery (Beijing, 2008), Pierre-François Ouellette Art Contemporain (Montreal, 2008) and the Quebec Triennial 2008 at the Musée d’art contemporain de Montréal.

lundi 8 décembre 2008

Marc Audette


Marc Audette
Artiste en résidence * Artist in Residence

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L’image est intimement liée aux grands traits de l’activité humaine tout comme la religion, la nationalité, l’appartenance et l’art. Et, l’image tout comme le langage n’est pas un véhicule neutre. Or, établir les normes esthétiques de l’image numérique c’est établir la forme du langage visuel à employer pour représenter des concepts, des idées, des réalité, qu’ils se traduisent sur écran cathodique, papier imprimé, photographie ou encore sur canevas. C’est ce lien subtil, mais ô! combien important, entre outil et œuvre, qui anime ma démarche.

Je m'intéresse au mode de fabrication de l'image numérique depuis le milieu des années 80. Et dans un monde où innovation technologique est synonyme d'investissement corporatif, je pose notamment la question suivante : que sont les critères d'appréciations qui déterminent ces innovations? Pour se faire, j’examine les traces de l’évolution d'idéal de beauté de l'image numérique, et aux effets qu'elle produit sur la culture de l'esprit. Cela explique les croisements constants entre l'image analogue et l'image numérique, entre l'image fixe et l'image en mouvement qui sont des traits significatifs dans la production de mes œuvres.

Marc Audette est titulaire d'une maîtrise en arts visuels de l'Université York de Toronto où il réside présentement. Il a présenté son travail dans le cadre d'expositions collectives et individuelles en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. On retrouve ses œuvres dans les collections publiques et privées en Europe et au Canada.

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The image is intimately connected to the broad strokes of human activity, just as are religion, nationality, belonging, and art. And the image, like language, is not a neutral vehicle. Establishing aesthetic standards for the digital image means establishing the form of the visual language to be used to portray concepts, ideas, realities - whether they are conveyed on computer screen, paper, photographs, or canvas. It is this subtle - but oh, how important! - connection between tool and artwork that drives my approach.

I am interested in how the digital image has been manufactured since the mid-1980s. And in a world in which technological innovation is synonymous with corporate investment, I ask the following question: what are the criteria for evaluating these innovations? To find a response, I examine the traces of the evolution of the ideal of beauty in the digital image, and the effects that it has on the culture of the mind. This explains the constant intersections between analog image and digital image, between fixed image and image in movement, which are the meaningful features in the production of my works.

Marc Audette holds a Master's degree in visual arts from York University, in Toronto,where he also lives. His work has been in various group and solo shows in Europe, Canada and the USA. His pieces are also found in public and private collections in Europe and Canada.

lundi 1 décembre 2008

Richard Ferron

Richard Ferron
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Richard Ferron / Singulier-Pluriel

J’explore la photographie sans l’utilisation de l’appareil photo. Je construis des négatifs. Mon procédé est l’empreinte et mon matériau la suie. J’applique celle-ci sur la peau et je prends l’empreinte d’un fragment corporel à l’aide d’une pellicule adhésive transparente. Cette pellicule, appliquée sur un plexiglas, tient lieu de négatif photo. Je procède ensuite à la numérisation de ce négatif, associant ainsi à l’ordinateur, la fonction de chambre noire. Je cherche d’une certaine façon à établir un métissage entre des pratiques ancestrales et contemporaines. Je vise à se faire entrecroiser le langage du corps et de la technologie. La luminosité du sujet sur l’image, de par la construction du négatif, n’existe pas dans le réel puisqu’il n’y a pas d’éclairage naturel ou artificiel. Par cet acte de prise de vue "tactile" le photographique se retourne sur lui-même. Ce n’est pas l’oeil qui cadre à travers un viseur. C’est la main qui capte à travers un toucher. L’acte de prise d’empreinte, de par son contact direct avec le référent, abolit l’espace existant entre la caméra et le sujet. Après avoir utilisé mon propre corps comme terrain d’explorations, j’investi maintenant celui de ma collectivité en tant que corps social. Multipliant les rencontres au fil du temps, telle une quête du "je" à travers le "nous", j’ai cumulé plus de 500 empreintes auprès de mes concitoyens. Face à cette ère des nouvelles technologies, je trouve impératif de retrouver, à l’intérieur de ma pratique, un contact direct avec le vivant.

Richard Ferron vit et travaille à Baie-Comeau. Graphiste de formation, il a obtenu un baccalauréat en arts plastiques en 2003 ainsi qu’une maîtrise en arts visuels de l’université Laval en 2005. Il a depuis, à son actif, plusieurs expositions solos et collectives (Musée régional de la Côte-Nord, Espace F, VU, Nord/Sud, événement satellite de la Manif d’Art 4 de Québec).

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Richard Ferron / Singular-Plural

I explore photography without using a camera. I build négatives The basic process of my research is the imprint and my matériel is the soot. The singular aspect of my process consists in coating body parts with soot. Then, by applying a transparent adhesive film to the skin, I take the print of a body fragment. This film, applied to a piece of Plexiglas, is used as the photographic negative. I then digitize this negative, thus using the computer as a darkroom. I am looking for a certain way to establish an interweaving of old and contemporary practices. I want to crossbreed the languages of the body and technology. The luminosity of the subject in the image, created through the construction of the negative, does not exist in reality since there is no natural or artificial lighting. Through this act of "tactile" photograph making, photography is turned on itself. It isn’t the eye that frames through a viewfinder but the hand catching through a touch. The act of taking the imprint through direct contact with the referent erases the space between the camera and the subject. After using my own body as the terrain for exploration, I have now invested my community as a social body. Multiplying encounters over time, in a journey from the "I" to the "we," I have accumulated more than 500 imprints from fellow citizens. In this era of new technologies, I find it essential, within my practice, to return to direct contact with the living.

Richard Ferron lives and works in Baie-Comeau. A graphic artist by training, he obtained a bachelor's degree in visual arts in 2003 and a master's degree in visual arts from Université Laval in 2005. Since then, he has had a number of solo and group exhibitions (Musée régional de la Côte-Nord, Espace F, VU, Nord/Sud, Manif d’Art 4 de Québec satellite event).

mardi 25 novembre 2008

Ariane Lord


Ariane Lord
Artiste en résidence * Artist in Residence

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Ariane Lord considère le corps comme un espace, un lieu, un territoire qui se modifie par ce qui l’entoure, l’habite, le traverse. Le corps est utilisé tel une matière malléable afin d’identifier ce qui nous défini et nous façonne en tant qu’individu. Préoccupée par la question identitaire, elle cherche à rendre visible l’ampleur de ce qui est extérieur au contenant et qui s’immisce pour en modifier le contenu. L’artiste prend plaisir à positionner ses recherches aux limites des médiums, des disciplines et de la notion "d’acceptable", ce qui provoque un étrange métissage entre le grotesque et le tragique.

"Dans une optique territoriale, je veux investir les lieux du corps. Le corps, sa trace, sa délimitation, ses résidus, seront ici documentés afin de cerner l’impact d’une présence sur son milieu. La notion du vide et la perméabilité des frontières seront davantage explorés par le biais d’objets/lieux. Le matelas s’avère en soi intriguant car il est à la fois un objet et un lieu où nous passons près du tiers de notre vie. Il fait appel à un état de présence et à la fois à un état d’absence qui m’interpellent particulièrement."

Originaire de La Pocatière, Ariane Lord détient un baccalauréat en Arts Visuels de l’Université du Québec à Montréal. Lors de l’obtention de son diplôme au printemps 2005, elle reçoit le Prix du Centre des arts et des fibres du Québec. L’artiste a présenté son travail au Québec lors d’expositions solos et collectives. Elle a été commissaire de l’exposition 1X10 : la sculpture s’éclate! présentée à St-Jean-Port-Joli. Elle est récipiendaire d’une bourse du Conseil des Arts et Lettres du Québec. Elle exposera son travail en 2009 à la galerie Grave de Victoriaville ainsi qu’au centre Caravansérail de Rimouski.

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Ariane Lord considers the body a space, site, or territory that is changed by what is around it, inhabits it, traverses it. She uses the body as a malleable material in her search to identify what defines us and shapes us as individuals. Concerned with the issue of identity, she seeks to reveal the scope of what is outside the container and interferes with it to change its content. Lord likes to position her research by pushing the limits of media, disciplines, and the notion of "acceptable," provoking a strange interweaving of the grotesque and the tragic.

"With a territorial focus, I want to invest the sites of the body. The body and its traces, contours, and residues are documented here in order to discern the impact that a presence has on its milieu. The notion of the void and the permeability of borders will be explored further through objects/sites. In itself, the mattress is intriguing, since it is both an object and a site where we spend almost one third of our lives. It calls upon a state of presence and at the same time a state of absence that particularly appeals to me."

A native of La Pocatière, Ariane Lord holds a bachelor's degree in visual arts from the Université du Québec à Montréal. When she obtained her degree, in the spring of 2005, she received the Prix du Centre des arts et des fibres du Québec. Her work has been presented in solo and group exhibitions in Quebec. She was curator of the exhibition 1X10: la sculpture s’éclate! presented in St-Jean-Port-Joli. She has received a grant from the Conseil des Arts et Lettres du Québec. In 2009, her work will be exhibited at the Galerie Grave de Victoriaville and at the Caravansérail artist-run centre in Rimouski.

lundi 17 novembre 2008

Martin Beauregard


Martin Beauregard
Artiste en résidence * Artist in Residence

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L’artiste s’interroge sur les imbrications possibles entre le récit factuel et le récit de fiction. Les propositions formelles développées - vidéographiques et photographiques - explorent ce terrain où la fiction et le documentaire biographique se confondent. À titre d’exemple, Soapoperation (2005) est tirée d’un séjour dans un hôpital bordelais lors duquel il subit une intervention chirurgicale en mars 2004. Elle présente une scène tournée dans le bloc opératoire et un dialogue avec son amoureuse à son réveil de l’anesthésie, ces échanges sont romancés à la Soap opera, la vie se relâche à travers une image, un cliché, sur une trame fictionnelle à peine décalquée de la réalité. La vidéo Playing with deady Daddy, présente aussi ce travail du " vrai et du joué ", tournée lors des funérailles de son père - le 13 août 2003 - où parents se rassemblent, rendent hommage au défunt, le voient et le touchent pour la dernière fois. Il a répété ce contact avec son père défunt posé dans son cercueil devant la caméra, comme on fait plusieurs prises d’une même scène au cinéma.

Dans le cadre du projet de résidence au Centre SAGAMIE, l'artiste réalisera une série de photographies qui confronte la figure mythique du cow-boy - produite par l’industrie cinématographique - à la vie modeste d’un vieil homme (son grand-père) âgé de quatre-vingt-huit ans. Le vieil homme est photographié dans un cimetière de voitures et un Ciné-parc abandonné.

Martin Beauregard vit et travaille à Montréal. Il est diplômé de l’École des Beaux-arts de Bordeaux en France (2004). Son travail a depuis été présenté dans une dizaine d’expositions individuelles au Canada et à l’étranger dont L’œil de poisson (Québec) Location One (New York), Tin Box (Bordeaux), et collectives dont au CAPC Musée des Beaux-Art de Bordeaux (Bordeaux), Luxe Gallery (New York), Asahi Art Square (Tokyo). Son travail figure dans la collection Prêts d'oeuvres d'art du Musée national des beaux-arts du Québec. Il est actuellement au doctorant à l’Université du Québec à Montréal et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à Paris.

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Martin Beauregard investigates the possible overlaps between factual stories and fictional stories. The formal propositions that he develops - videographic and photographic - explore the terrain where biographical fiction and documentary become confused. From example, Soapoperation (2005) is taken from a stay in a hospital in Bordeaux, where he had surgery in March 2004. It presents a scene shot on the operating table and a conversation with his lover when he awoke from anaesthesia in a romantic "soap opera" style; life is released through an image, a snapshot, a fictional plot traced almost on reality. The video Playing with Deady Daddy also presents "truth and play-acting," shot during his father's funeral - August 13, 2003 - where relatives gathered, paid tribute to the deceased, and saw and touched him for the last time. Beauregard rehearsed this contact with his deceased father lying in his coffin for the camera, as if he were performing repeated takes for a scene in a movie.

For his residency project at SAGAMIE Center, Beauregard will produce a series of photographs that contrast the mythic figure of the cowboy - produced by the movie industry - with the modest life of an 88-year-old man (his grandfather). The old man is photographed in a car junkyard and an abandoned drive-in.

Martin Beauregard lives and works Montréal. He is a graduate of the École des Beaux-arts de Bordeaux in France (2004). His work has been presented in solo exhibitions in Canada and abroad, including at L’œil de poisson (Quebec City), Location One (New York), and Tin Box (Bordeaux), and in group shows, including CAPC Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (Bordeaux), Luxe Gallery (New York), and Asahi Art Square (Tokyo). His work is in the art loan collection of the Musée national des beaux-arts du Québec. He is currently studying for his doctorate at the Université du Québec à Montréal and Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne in Paris.

dimanche 16 novembre 2008

Catherine Bodmer remporte le Prix 2008 du duc et de la duchesse d’York

Catherine Bodmer
remporte le Prix 2008 du duc et de la duchesse d’York en photographie remis par le Conseil des Arts du Canada.

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Ce prix est octroyé au meilleur artiste professionnel en photographie ayant obtenu une subvention de projet du Conseil des Arts en 2008 et s’étant particulièrement distingué pour la qualité de son travail.

Le Centre SAGAMIE est fier de soutenir Catherine Bodmer et tient à la féliciter pour l’excellence de son travail. En octobre dernier, lors de sa plus récente résidence de création au centre, Mme Bodmer a développé les bases d’un nouveau corpus d’oeuvres.

La pratique artistique de Catherine Bodmer comprend des installations, des œuvres in situ, des photographies et le traitement numérique d'images. La transformation graduelle d'objets, de matériaux ou de lieux abandonnés, forment souvent un point de départ pour développer des œuvres qui cherchent à placer l'ordinaire au centre de l'attention, rélévant des forces insoupçonnés qui affectent nos idéologies et utopies. Son travail photographique des dernières années traite de lieux réels et imaginaires, ainsi que de la position de l'individu dans ces espaces. En travaillant avec la répétition et la variation d'un même sujet, Catherine Bodmer s'intéresse aux détournements subtils de l'échelle, suggérant des situations à la fois cohérentes et divergentes.

Catherine Bodmer, d'origine suisse, détient un diplôme de l'École des Beaux-arts de Lucerne en Suisse, et a obtenu une maîtrise en arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal en 1999. Depuis 2004, elle est la coordonnatrice artistique du centre d'artistes articule à Montréal. Depuis 1997, son travail a été présenté dans plusieurs expositions individuelles et collectives au Québec, ailleurs au Canada, ainsi qu'au Mexique et à Taiwan.

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Catherine Bodmer
wins the 2008 Duke and Duchess of York Prize in Photography awarded by the Canada Council for the Arts.

The prize is given to the best professional artist in photography who was awarded a Canada Council project grant in 2008 and who has also been particularly recognized for the quality of his or her work.

The SAGAMIE Centre is proud to support Catherine Bodmer and would like to congratulate her on this recognition of the excellence of her work. In October 2008, during her most recent creative residency at the centre, Ms. Bodmer developed the basis for a new series of works.

Catherine Bodmer's art practice includes installations, site-specific works, photography and processing of digital images. The gradual transformation of objects, materials and abandoned places is often the starting point for the development of works that put the ordinary in the center of attention, revealing unsuspected forces that affect our ideologies and utopias. Her recent photographic work examines the notion of real and imaginary places, and the position of the individual in these spaces. By working with the repetition and variation of the same subject, she focuses on subtle alterations in scale, suggesting situations that are coherent yet divergent.

Originally from Switzerland, Catherine Bodmer has a degree from the School of Art of Lucerne in Switzerland and earned a master's degree in plastic arts from the Université du Québec à Montréal in 1999. Since 2004 she has been the artistic coordinator of articule, an artist-run centre in Montreal. Since 1997, her work has been presented in several individual and group exhibitions in Quebec, elsewhere in Canada, Mexico and Taiwan.

lundi 10 novembre 2008

Appel de dossiers 2009

Appel de dossiers 2009 / Date limite 31 janvier 2009
English to follow

1. RÉSIDENCES DE RECHERCHE ET CRÉATION
Traitement numérique de l’image en art actuel et impression numérique grand format.

2. PROJETS D’EXPOSITION(artistes et commissaires)
Le Centre produira une publication couleur accompagnant chaque exposition.
Le cachet CARFAC/RAAV sera versé aux artistes.

3. RÉSIDENCES D’ÉDITION
Projets de création artistique utilisant le livre comme véhicule et objet d’art.

4. PROJETS de LONGUE DURÉE
Le Centre SAGAMIE est intéressé à développer avec les artistes des projets de recherche et de création de longue durée pouvant s’étaler sur une ou deux années. Pendant cette période, l’artiste réalisera plusieurs périodes successives de travail en résidence. Le corpus d’œuvres réalisé sera présenté lors d’une exposition solo et l’organisme produira une publication témoignant du développement du projet.

Le dossier doit comprendre :
1- Indiquez en entête pour quel programme vous appliquez (programme : 1, 2, 3 ou 4).
2- Indiquez clairement si vous avez plus ou moins de 35 ans.
3- La description du projet (résidence, exposition, publication) (maximum: 1 page).
4- La démarche artistique (maximum: 1 page).
5- Le Curriculum vitae (maximum: 3 pages).
6- La documentation visuelle : fichiers numériques sur CD, environ 5X7po. à 72dpi compressé .jpg, diapositives, impressions ou autre.
7- Résidences d’édition : description des collaborateurs, curriculum vitae des collaborateurs (auteur(s) ou autre (s), s’il y a des collaborateurs au projet).
8- Une enveloppe de retour pré-affranchie,si le retour du dossier est souhaité.

Postez avant le 31 janvier 2009 (le timbre de poste faisant foi) à :
Centre SAGAMIE
50, rue St-Joseph
C.P. 517
Alma, Québec
Canada
G8B 5W1

Aidez-nous à faire connaître le centre SAGAMIE : faites suivre ce message à des centres et des artistes de votre connaissance.

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2009 Call for proposals / Deadline January 31, 2009

1. ARTIST-IN-RESIDENCE, RESEARCH AND CREATION
Digital image manipulation in contemporary art and large-format digital printing.

2. EXHIBITION PROJECTS (artists and curators)
SAGAMIE will produce a publication accompanying each exhibition project.
CARFAC/RAAV fee will be paid to the artists.

3. PUBLISHING RESIDENCIES
Creation projects using the book as the medium and art object.

4. LONG-TERM PROJECTS
The SAGAMIE Centre is interested in working with artists to develop long-term research and creation projects that last one or two years. During this period, the artist will have several successive residency periods. The corpus produced will be presented in a solo exhibition, and the organization will produce a publication describing the project's development.

The proposal must include :
1. Clearly indicate the program for which you are applying (Program : 1, 2, 3, or 4).
2. Indicate if you are under or over 35 years old.
3. Description of the project (residency, exhibition, publication) (maximum: 1 page).
4. Artistic approach (maximum: 1 page).
5. CV (maximum: 3 pages).
6. Visual documentation : small images (about 5x7" at 72 dpi) on a CD; slides; prints; or other.
7. Publishing: Description of collaborators, Curricula vitae of collaborators (author or other) if needed.
8. A self-addressed stamped envelope if you wish the proposal to be returned.

Please mail your application before January 31, 2009 (postmarked) to:
Centre SAGAMIE
50, rue St-Joseph
C.P. 517
Alma, Québec
Canada
G8B 5W1

samedi 8 novembre 2008

Chantal Neveu Novembre 2008


Chantal Neveu
LANCEMENT DU LIVRE MENTALE
Ce vendredi 7 novembre de 5 à 7h.
au Centre SAGAMIE
50 rue St-Joseph, Alma (derrière l'église St-Joseph)

publié aux éditions La Peuplade http://www.lapeuplade.com

Au programme:
Trois auteurs publiés chez La Peuplade cette année feront la lecture d’extraits de leurs œuvres:
Chantal Neveu (Mentale)
Simon Dumas (La chute fut lente interminable puis terminée)
François Turcot (Derrière les forêts)
+ dédicaces, discussions, vin et rafraîchissements.

CHANTAL NEVEU : De 2002 à 2005, lors de résidences d’auteur au Centre National des Écritures du Spectacle à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et aux Subsistances de Lyon, Chantal Neveu s’est déplacée et déposée en divers plateaux de création : des studios de son, de théâtre, de danse, des ateliers de plasticiens et quelques autres périmètres plus intimes à Montréal, à Paris et en Suisse. Elle y a scripté ce qui se dit et ce qui se vit pour composer une matériologie riche de physicalité et de mises en relations à partir de laquelle elle a écrit Mentale, un texte extrêmement documentaire, totalement fiction. Elle vient tout juste de se produire au centre d’artiste Oboro à Montréal où elle a offert en trois représentations la performance-lecture intégrale de Mentale.

Chantal Neveu est écrivaine et artiste interdisciplinaire. Ses textes sont publiés en diverses revues au Québec et à l’étranger ? Doc(k)s, Exit, Art Le Sabord, Airbag, Éc/artS, Liberté, YXZ. Elle a publié Èdres (livre et DC) aux Éditions É=É [ http://www.andsuch.name ]. Ses écrits font l’objet de différentes mises en situations et adaptations médiatiques et scéniques ? avec les Éditions OHM-Avatar, Klangkunst / DeutschlandRadio Kultur, Vidéoformes, La Scène poétique, Théâtre La Chapelle, La Chartreuse, Espace du son / Société Radio-Canada, Lardux Films, Champ libre. Ses dernières années, elle a bénéficié de résidences d’auteur aux Laboratoires nouveaux médias d’OBORO, avec le Groupe Intervention Vidéo (GIV), aux Subsistances et au Groupe de Musique Vivante de Lyon (GMVL) ainsi qu’au Centre National des Écritures du Spectacle à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Actuellement, elle écrit You et Idylle, deux textes fondés sur une méthode de scriptage, et développe Local, une entreprise d’écriture en différents lieux. Mentale est publié par les Éditions La Peuplade.

Un autre lancement se produira samedi le 8 novembre à la librairie Les Bouquinistes de Chicoutimi (de 15h à 17h).

Pour informations sur les auteurs, entrevues, documents visuels et service de presse :

Simon Philippe Turcot
La Peuplade
Tél : 418.347.5520 ou 418.720.1024
info@lapeuplade.com
http://www.lapeuplade.com