mardi 24 février 2009

Pascal Dufaux

Pascal Dufaux
Artiste en résidence * Artist in Residence

Étreinte / Une nouvelle série de portraits Hyper panoptiques de Pascal Dufaux.

Ma pratique artistique a d’abord été la sculpture. J’ai toujours été impressionné par le phénomène de la présence du corps dans l’espace et par l’effet que produit son image sur le regard. Puisqu’à mes yeux le corps est plus qu’une simple figure à représenter mais d’abord un espace à arpenter, en 2005 j’ai entrepris un travail photographique qui explore la perception panoptique du corps humain. Pour cela, j’ai fabriqué une machine de prise de vue (la Machine PdVR_01) et développé une méthode qui consiste littéralement à faire le tour d’une personne, à en photographier centimètre par centimètre la circonférence corporelle, pour ensuite assembler la somme des clichés obtenus en une large mise à plat photographique panoramique. Dans ces portraits 360 ° déroulés je sonde l’étrangeté de l’autre en m’approchant de lui tel une terre inconnue. À l’aide de ce dispositif photographique rotatif, je me déplace autour du ou des modèles à la manière d’un cartographe afin de révéler l’étendue et la puissance visuelle du sujet humain.

Mon travail s’élabore dans une tension entre réalisme et formalisme. Je cherche à générer une lecture paradoxale des images, c’est-à-dire oscillant constamment entre un aspect de pur prélèvement documentaire et un aspect fortement pictural.

Au Centre SAGAMIE, je débute une nouvelle série de portraits hyper panoptiques que j’intitule ÉTREINTE. Ce projet consistera à photo-cartographier des pieds à la tête des personnes enlacées, liées dans l’expression d’un sentiment qui mêle ainsi leurs corps. Pour les besoins de cette captation, un nouveau dispositif de prise de vue sera fabriqué à l’été 2009, la Machine PdVR_02. Le projet bénéficie du soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Études en scénographie et en arts visuels, dans les années 90, conception de dispositifs scénographiques sonores pour de nombreux compositeurs. Artiste en résidence à la Christoph-Merian Stiftung (Bâle, Suisse, 1997) et à la Finnish Artists’Association (Helsinki, Finlande, 1998), il élabore depuis les années 2000 un travail installatif hybride entre la 2D et la 3D : le Projet Pléthore au Musée du vieux Palais (St Jérome, 2002), Des mesures dévastées à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal (Montréal, 2003), Phénomènes / formes intermédiaires aux Espacios de arte (Guanajuato, Mexique, 2003). En 2005, il réalise la mono-bande vidéo Substance verte au Laboratoire nouveaux médias d’OBORO à Montréal. Il a conçu la scénographie de l’opéra Alternate Visions produit par la compagnie Chants Libres (Montréal, 2007). Il expose les installations photographiques Autour de vous et Alzheimer au centre VU à Québec et à la Galerie Joyce Yahouda à Montréal (2007), et à l’Alternator Gallery à Kelowna B.C. (2009). Radiant ou L’origine du regard fût exposé à OBORO en 2008. Il présentera l’installation vidéo cinétique Irradiant au festival Temps d’images à Montréal en février 2009. Son travail est représenté par la Galerie Joyce Yahouda à Montréal.

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Étreinte (Embrace) / A new series of hyper-panoptic portraits by Pascal Dufaux

My first artistic practice was sculpture. I was always impressed by the phenomenon of the presence of the body in space and by the effect that its image produces on the gaze. Since I feel that the body is more than a simple figure to portray but, above all, a space to be surveyed, in 2005 I undertook a photographic project that explores the panoptic perception of the human body. To do this, I made a picture-taking apparatus (the Machine PdVR_01) and developed a method that consists literally of going around a person, photographing his or her body circumference centimetre by centimetre, and then assembling the sum of the pictures taken in a large two-dimensional photographic panorama. In these 360° unfolded portraits I probe the strangeness of the other by approaching it as an unknown land. Using this rotational photographic mechanism, I move around the models as a cartographer would, in order to reveal the visual extent and mightiness of the human subject.

My work takes place in a tension between realism and formalism. I endeavour to generate a paradoxical reading of images - that is, a reading that constantly oscillates between an aspect of pure documentary recording and a strongly pictorial aspect.

At the SAGAMIE Centre, I am beginning a new series of hyper-panoptic portraits titled Embrace. This project will consist of photo-mapping, from foot to head, people intertwined, connected in the expression of an emotion that mixes their bodies together. To capture this series, I will build a new picture-taking mechanism, the Machine PdVR_02, in the summer of 2009. The project benefits from the financial support of the Conseil des arts et des lettres du Québec.

Studied set design and visual arts. In the 1990s, designed audio set mechanisms for many composers. Artist in residence at the Christoph-Merian Stiftung (Bale, Switzerland, 1997) and the Finnish Artists' Association (Helsinki, Finland, 1998). Since the 2000s, he has been working on hybrid installations between 2D and 3D: Projet Pléthore at the Musée du vieux Palais (Saint-Jérôme, 2002), Des mesures dévastées at the Maison de la culture Plateau-Mont-Royal (Montreal, 2003), Phénomènes/formes intermédiaire at Espacios de arte (Guanajuato, Mexico, 2003). In 2005, he made the single-band video Substance verte at OBORO'S Laboratoire nouveaux médias in Montreal. He designed the set of the opera Alternate Visions produced by Chants Libres (Montreal, 2007). His photographic installations Autour de vous and Alzheimer were shown at Centre VU in Quebec City and at Galerie Joyce Yahouda in Montreal (2007), and at the Alternator Gallery in Kelowna, B.C. (2009). Radiant ou L’origine du regard was shown at OBORO in 2008. He will present the kinetic video installation Irradiant at the Temps d’images festival in Montreal in February 2009. He is represented by Galerie Joyce Yahouda in Montreal.

vendredi 20 février 2009

Exposition Carl Bouchard

CARL BOUCHARD
mille excuses So Sorry
l’affable / dramatisation the affable / dramatization


VERNISSAGE jeudi 26 février à 17h00 * Opening thursday, February 26, 5:00 p.m.
EXPOSITION du 26 février au 3 avril 2009 * Exhibition February 26 - April 3, 2009

Lancement du livre par défaut, Texte de Martin Dufrasne
Book Launch By Default, Essay by Martin Dufrasne

English to follow

L’emprise du sensible sur la raison
Dans sa pratique artistique, Carl Bouchard fait preuve d’un agacement et d’une cruauté face à l’apathie, secoue les indifférences en privilégiant les sujets liés au réel, au corps et aux récits individuels, pour situer l’art dans une relation directe au quotidien du spectateur. Il compte ainsi nous amener là où nous ne souhaitons pas aller et susciter chez nous une saine riposte intellectuelle. Comme certains artistes de sa génération qui réagissent à la chute des utopies et aspirent au réenchantement du monde, il revisite la dimension du psychologique et de l’affectivité, qui ont été longtemps déniées dans les pratiques d’art visuel. Fort de la conviction que, au-delà de son caractère confidentiel, une expérience personnelle physique ou psychique peut avoir une résonance partageable -voir universelle- chez le spectateur, il met à contribution le dévoilement de la sphère de l’intimité -la sienne et, par extension, celle de chaque visiteur. L’objectif principal ne semble pas prioritairement de questionner, d’informer ou d’initier le public mais bien davantage de le remuer et de le toucher.

Se laisser pénétrer
Nous le savons, perdre son innocence consiste soit à se retrouver démuni de sa naïveté, soit à être démasqué et reconnu coupable d’un méfait. Je crois que la motivation profonde de l’entreprise artistique de Carl Bouchard peut se résumer par l’idée d’arriver à perdre, conjointement, notre innocence par le biais des œuvres.

Extrait du texte : La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard est né à Ville de la Baie (Québec). Depuis le début des années 1990, il a présenté plusieurs expositions personnelles et collectives au Québec, au Canada et en France. Soulignons non seulement l’investissement de cet artiste pluridisciplinaire dans la spectaculaire installation Les pleureuses -oublier par don-, présentée à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier lors de la première édition de la Manif d’art de Québec (2000), mais aussi son engagement et son audace dans Jouer au docteur / Be a specialist présenté au Lieu, centre en art actuel, à Québec (2004), ainsi que l’affable / dramatisation présenté à L’écart, Lieu d’art actuel, à Rouyn-Noranda (2008). Il a réalisé huit projets d’art public et ses œuvres font partie de nombreuses collections muséales, institutionnelles et particulières au Québec. Il est président et membre fondateur du centre d’artistes Le Lobe à Chicoutimi (1993) et membre fondateur des Ateliers d’artistes TOUTTOUT à Chicoutimi (1997). À partir de 1998, il développe en parallèle avec sa pratique individuelle des projets conjoints interdisciplinaires avec l’artiste Martin Dufrasne. Photographies, installations et performances ont été présentées dans une vingtaine d’expositions et événements spéciaux au Québec, en Ontario, en France, en Colombie et au Pays de Galles.

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The grip of sensibility on reason
In his artistic practice, Carl Bouchard manifests his irritation and cruelty with regard to apathy; he shakes up indifference by privileging subjects linked to the real, to the body, and to individual stories to situate art in a direct relationship with the viewer’s everyday life. He thus intends to take us where we do not wish to go and provoke us into a healthy intellectual riposte. Like certain artists of his generation who react to the fall of utopias and aspire to re-enchant the world, he revisits the psychological and emotional dimensions that were long denied in visual-arts practices. He has the strong conviction that beyond its confidential nature, a personal physical or psychic experience may create a sharable - even universal - resonance in the viewer; he does this by unveiling the sphere of intimacy - his own and, by extension, that of each visitor. The principal objective does not seem to be to question, inform, or initiate the public but, rather, to bestir and touch people.

Letting oneself be penetrated
As we know, losing one’s innocence consists of either being stripped of one’s naïveté or being unmasked and found guilty of a bad deed. I believe that the profound motivation of Bouchard’s artistic undertaking may be summarized by the idea that we come to lose our innocence, together, through these works.

Excerpt: La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard was born in Ville de la Baie, Quebec. Since the early 1990s, his work has been presented in a number of solo and group exhibitions in Canada and France. As a pluridisciplinary artist, he has produced the spectacular installation Les pleureuses -oublier par don-, presented at the Notre-Dame-de-Jacques-Cartier Church during the first edition of La Manif d’art in Quebec City (2000), and the committed and audacious Jouer au docteur / Be a specialist presented at Le Lieu, centre en art actuel, in Quebec City (2004) and l’affable / dramatisation presented at L’écart, Lieu d’art actuel, in Rouyn-Noranda (2008). He has also produced eight public art projects and his works are in many museum, institutional, and private collections in Quebec. He is president and founding member of Le Lobe and fouding member of Les Ateliers d’artistes TOUTTOUT in Chicoutimi (1997). In 1998, he began to develop, in parallel with his individual practice, joint interdisciplinary projects with the artist Martin Dufrasne. Photographs, installations, and performances were presented in 20 exhibitions and special events in Quebec, Ontario, France, Colombia, and Wales.

jeudi 12 février 2009

Hélène Lord


Hélène Lord
Artiste en résidence * Artist in Residence

À travers l’objet familier, j’essaie de retracer les moments fugaces de la vie quotidienne. Détournés de leur fonction utilitaire, témoins silencieux de notre vie journalière, ces petits vestiges sont des lieux de reconnaissance qui imprègnent notre mémoire et que l’imaginaire avive et métamorphose.

Ma pratique est hybride, tend vers l’installation et ses ramifications. Ma démarche créatrice se nourrit de l’interaction entre le dessin et la sculpture, transgresse les limites formelles de ces disciplines. Mes méthodes de travail procèdent de l’assemblage par la mise en relation du sujet et de l’objet à travers la mémoire. Le sens qui en résulte est perceptible dans la sensibilité du détail dont l’observation révèle un univers fragile et fragmenté. Depuis quelque temps j’explore ces disciplines à travers la photographie qui sert d’appui et de support à mon travail.

Hélène Lord vit et travail à Montréal. Elle détient une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle a présenté son travail dans de nombreuses expositions individuelles et collectives notamment à Montréal au centre d’exposition Circa, à la galerie B-312, au centre des arts actuels Skol, à l’Œil de poisson (Québec), Axe NO-7 (Gatineau), Vaste et Vague (Carleton) à la galerie Karsh-Masson (Ottawa), à la galerie du Nouvel-Ontario (Sudbury), à la galerie K.A.A.I (Kingston). En 2001, elle participait à la Biennale de l’Estampe et du papier du Québec à Alma. Son travail a fait l’objet d’une résidence au Banff Centre en 2006 et, plus récemment en 2008 à Belém au Brésil (Échanges d’artistes et d’ateliers Québec - Brésil du Conseil des arts et des lettres du Québec).

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The elliptical shape of the fragment allows me to reflect on the identity, precariousness, and alterity of human life. This reflection is integrated into my creative process, in which I explore the metaphoric potentialities of found materials and objects. Coming from the environment around us, marked by time, bearing images, these small vestiges of daily life speak to me because they are like parts of ourselves that we try to reintegrate into our reality to fill the cracks.

Subjected to the instability of things, my drawings, sculptures, and installations are fragile structures, precariously balanced and often ephemeral. Currently, I am making assemblages of drawings and objects and photographing them. During this residency at the SAGAMIE Centre, these photographic essays will be transformed through digital image processing.

Hélène Lord lives and works in Montreal. She holds a master's degree in visual art from the Université du Québec à Montréal. Her work has been presented in numerous solo and group exhibitions, including in Montreal at the Centre d’exposition Circa, Galerie B-312, and Centre de arts actuels Skol, as well as at L’Œil de poisson (Qurbec City), Axe NÉO-7 (Gatineau), Galerie du Nouvel-Ontario (Sudbury), and the K.A.A.I (Kingston). In 2001, she participated in the Biennale de l’Estampe et du papier du Québec (Alma). She has had residencies at Centre EST NORD EST, in Saint-Jean-Port-Joli, in 1996 and at the Banff Centre in 2006.


lundi 2 février 2009

Sophie Jodoin

Sophie Jodoin
Artiste en résidence * Artist in Residence

Je travaille depuis 2003 exclusivement en noir et blanc et sur papier. Mon travail se concentre principalement sur la représentation de la figure humaine par le biais du dessin, peinture et photographie. Les sujets de mon travail - personnes de petite taille, vieillards, blessés - sont souvent difficiles et problématiques. Une idée de base devient le concept autour duquel une oeuvre sérielle s’élabore sur une période variant entre six mois et deux ans. Cette oeuvre est conçue comme un tout, un ensemble indivisible et présentée en tant qu’installation murale. J’y ai introduit récemment une composante vidéo. De cette combinaison émane un dialogue entre médiums traditionnels (dessin/peinture) et technologie (vidéo/animation/photographie manipulée).

Lors de ma résidence, je compte travailler sur Small Dramas and Little Nothings - une suite d’oeuvres articulée autour de plusieurs autres séries sur le thème de la guerre débutées il y a deux ans. Inspirée en partie d’images contemporaines extraites de l’internet et de magazines, de l’art graffiti et des silhouettes stylisées typiques de la bande dessinée, cette plus récente série de petits collages et de dessins remet en question le regard insensibilisé que pose aujourd’hui le spectateur à la fois sur le carnage de la guerre et sur les conséquences d’une violence domestique.

Sophie Jodoin vit et travaille à Montréal. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia à Montréal. Son travail a été présenté individuellement et collectivement dans plusieurs centres d'exposition, notamment à Philadelphie, Montréal, Prague, Miami, Chicago, New York et Londres. Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada, ses oeuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées. Elle est représentée par la Edward Day Gallery à Toronto et Newzones à Calgary.

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Since 2003, I have been working exclusively in black and white on paper. I concentrate mainly on the portrayal of the human figure through drawing, painting, and photography. The subjects of my work - little people, the elderly, the wounded - are often difficult and challenging. A basic idea becomes the concept around which a series of works is built during a period of between six months and two years. This series is designed as a whole, an indivisible ensemble, presented as a wall installation. I recently introduced video components. From this combination emanates a dialogue between traditional media (drawing, painting) and technology (video, animation, manipulated photography).

During my residency, I plan to work on Small Dramas and Little Nothings, a series of works articulated around several other series on the theme of war that I began two years ago. Inspired in part by contemporary images drawn from the Internet and magazines, in part by graffiti art and the stylized silhouettes typical of comics, this most recent series of small collages and drawings calls into question the desensitized eye that today’s viewer casts at both the carnage of war and the consequences of domestic violence.

Sophie Jodoin lives and works in Montreal. She holds a bachelor’s degree in visual arts from Concordia University in Montreal. Her work has been presented in individual and group shows in Canada and abroad, including Philadelphia, Montreal, Prague, Miami, Chicago, New York, and London. Her works are in a number of public and private collections. She is represented by the Edward Day Gallery in Toronto and Newzones in Calgary.