vendredi 20 février 2009

Exposition Carl Bouchard

CARL BOUCHARD
mille excuses So Sorry
l’affable / dramatisation the affable / dramatization


VERNISSAGE jeudi 26 février à 17h00 * Opening thursday, February 26, 5:00 p.m.
EXPOSITION du 26 février au 3 avril 2009 * Exhibition February 26 - April 3, 2009

Lancement du livre par défaut, Texte de Martin Dufrasne
Book Launch By Default, Essay by Martin Dufrasne

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L’emprise du sensible sur la raison
Dans sa pratique artistique, Carl Bouchard fait preuve d’un agacement et d’une cruauté face à l’apathie, secoue les indifférences en privilégiant les sujets liés au réel, au corps et aux récits individuels, pour situer l’art dans une relation directe au quotidien du spectateur. Il compte ainsi nous amener là où nous ne souhaitons pas aller et susciter chez nous une saine riposte intellectuelle. Comme certains artistes de sa génération qui réagissent à la chute des utopies et aspirent au réenchantement du monde, il revisite la dimension du psychologique et de l’affectivité, qui ont été longtemps déniées dans les pratiques d’art visuel. Fort de la conviction que, au-delà de son caractère confidentiel, une expérience personnelle physique ou psychique peut avoir une résonance partageable -voir universelle- chez le spectateur, il met à contribution le dévoilement de la sphère de l’intimité -la sienne et, par extension, celle de chaque visiteur. L’objectif principal ne semble pas prioritairement de questionner, d’informer ou d’initier le public mais bien davantage de le remuer et de le toucher.

Se laisser pénétrer
Nous le savons, perdre son innocence consiste soit à se retrouver démuni de sa naïveté, soit à être démasqué et reconnu coupable d’un méfait. Je crois que la motivation profonde de l’entreprise artistique de Carl Bouchard peut se résumer par l’idée d’arriver à perdre, conjointement, notre innocence par le biais des œuvres.

Extrait du texte : La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard est né à Ville de la Baie (Québec). Depuis le début des années 1990, il a présenté plusieurs expositions personnelles et collectives au Québec, au Canada et en France. Soulignons non seulement l’investissement de cet artiste pluridisciplinaire dans la spectaculaire installation Les pleureuses -oublier par don-, présentée à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier lors de la première édition de la Manif d’art de Québec (2000), mais aussi son engagement et son audace dans Jouer au docteur / Be a specialist présenté au Lieu, centre en art actuel, à Québec (2004), ainsi que l’affable / dramatisation présenté à L’écart, Lieu d’art actuel, à Rouyn-Noranda (2008). Il a réalisé huit projets d’art public et ses œuvres font partie de nombreuses collections muséales, institutionnelles et particulières au Québec. Il est président et membre fondateur du centre d’artistes Le Lobe à Chicoutimi (1993) et membre fondateur des Ateliers d’artistes TOUTTOUT à Chicoutimi (1997). À partir de 1998, il développe en parallèle avec sa pratique individuelle des projets conjoints interdisciplinaires avec l’artiste Martin Dufrasne. Photographies, installations et performances ont été présentées dans une vingtaine d’expositions et événements spéciaux au Québec, en Ontario, en France, en Colombie et au Pays de Galles.

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The grip of sensibility on reason
In his artistic practice, Carl Bouchard manifests his irritation and cruelty with regard to apathy; he shakes up indifference by privileging subjects linked to the real, to the body, and to individual stories to situate art in a direct relationship with the viewer’s everyday life. He thus intends to take us where we do not wish to go and provoke us into a healthy intellectual riposte. Like certain artists of his generation who react to the fall of utopias and aspire to re-enchant the world, he revisits the psychological and emotional dimensions that were long denied in visual-arts practices. He has the strong conviction that beyond its confidential nature, a personal physical or psychic experience may create a sharable - even universal - resonance in the viewer; he does this by unveiling the sphere of intimacy - his own and, by extension, that of each visitor. The principal objective does not seem to be to question, inform, or initiate the public but, rather, to bestir and touch people.

Letting oneself be penetrated
As we know, losing one’s innocence consists of either being stripped of one’s naïveté or being unmasked and found guilty of a bad deed. I believe that the profound motivation of Bouchard’s artistic undertaking may be summarized by the idea that we come to lose our innocence, together, through these works.

Excerpt: La perte de l’innocence, Martin Dufrasne.

Carl Bouchard was born in Ville de la Baie, Quebec. Since the early 1990s, his work has been presented in a number of solo and group exhibitions in Canada and France. As a pluridisciplinary artist, he has produced the spectacular installation Les pleureuses -oublier par don-, presented at the Notre-Dame-de-Jacques-Cartier Church during the first edition of La Manif d’art in Quebec City (2000), and the committed and audacious Jouer au docteur / Be a specialist presented at Le Lieu, centre en art actuel, in Quebec City (2004) and l’affable / dramatisation presented at L’écart, Lieu d’art actuel, in Rouyn-Noranda (2008). He has also produced eight public art projects and his works are in many museum, institutional, and private collections in Quebec. He is president and founding member of Le Lobe and fouding member of Les Ateliers d’artistes TOUTTOUT in Chicoutimi (1997). In 1998, he began to develop, in parallel with his individual practice, joint interdisciplinary projects with the artist Martin Dufrasne. Photographs, installations, and performances were presented in 20 exhibitions and special events in Quebec, Ontario, France, Colombia, and Wales.

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